Immeubles detruits dans le quartier de Rimal, a Gaza

Plan de paix à Gaza : le Hamas dit oui, Israël veut le désarmement

Le Hamas a réaffirmé le 18 août 2026 son engagement envers la feuille de route américaine en quinze points censée ouvrir la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza. Israël refuse pour l’instant de s’y engager et conditionne tout retrait à un désarmement complet du mouvement palestinien. La veille, l’émissaire américain Jared Kushner et le Premier ministre Benyamin Netanyahou se sont accordés sur le principe d’un général américain chargé de vérifier cette démilitarisation.

Le Hamas dit oui. Israël dit pas comme ça. Le 18 août, le porte-parole du mouvement, Hazem Qassem, a déclaré que le Hamas restait attaché « au processus convenu », en référence au plan en quinze points soutenu par Washington et accepté par la direction du mouvement le mois précédent.

Ce plan prévoit une remise des armes secteur par secteur, chaque étape étant suivie d’un retrait israélien correspondant, après vérification. Le Hamas remettrait son armement à l’administration technocratique palestinienne, qui le confierait à une force internationale de stabilisation chargée de le détruire.

Selon le porte-parole, le passage à la deuxième phase reste bloqué faute d’approbation claire d’Israël auprès des médiateurs.

Un général américain pour compter les fusils

Le 17 août à Jérusalem, Jared Kushner a rencontré Benyamin Netanyahou. Les deux hommes se sont accordés, selon plusieurs sources citées par France 24 et par la presse américaine, sur le principe d’un officier général américain chargé de superviser et de vérifier la démilitarisation du Hamas avant tout retrait israélien de la bande de Gaza.

L’émissaire du contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump a plaidé auprès du chef du gouvernement israélien pour des « petites étapes » destinées à tester la sincérité de l’engagement palestinien. Selon Axios, il a rappelé que sa précédente rencontre avec les dirigeants du Hamas, aux côtés de Steve Witkoff, avait abouti à la libération des otages en 2025.

Un mécanisme dit de déconfliction, associant les médiateurs égyptiens, doit permettre de signaler les violations présumées plutôt que d’y répondre par la force. Jared Kushner a évoqué des progrès possibles sous trente jours.

Le calendrier israélien s’appelle le 27 octobre

Benyamin Netanyahou a rejeté l’approche par étapes, jugée politiquement problématique. Israël doit tenir des élections le 27 octobre 2026. Le Premier ministre affirme qu’aucun retrait n’interviendra tant que le Hamas ne sera pas entièrement désarmé, et que la reconstruction ne peut précéder cette condition.

La séquence est classique et elle est publique : un calendrier électoral intérieur pèse sur un calendrier diplomatique extérieur. Il vaut mieux le nommer que le déduire.

Ce que le Board of Peace veut réécrire

Le Board of Peace, panel piloté par les États-Unis et présidé par Donald Trump, examine une révision substantielle du dispositif. Selon des sources citées par la presse israélienne, il envisage d’exiger une remise intégrale et simultanée des armes sur l’ensemble de la bande de Gaza, préalable à tout redéploiement israélien et à toute reconstruction.

Ce serait l’inverse du cadre progressif accepté par le Hamas. L’émissaire du panel est Nickolay Mladenov, ancien coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient. La reconstruction de l’enclave relève d’une administration technocratique dont la supervision revient à l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, participant régulier du Forum économique mondial.

Le 31 juillet, Donald Trump avait annoncé un « accord historique » portant sur le désarmement complet du Hamas et le retrait israélien. Le calendrier évoqué alors allait de 200 à 350 jours pour la seule remise des armes lourdes.

Ce que trois ans ont coûté

Le cessez-le-feu en vigueur a été signé en octobre 2025. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023. Ces chiffres émanent d’une autorité placée sous le contrôle du Hamas ; ils sont repris, avec cette réserve, par les agences des Nations unies.

Dix mois après l’arrêt des combats, la question posée n’est plus celle de la guerre mais celle de l’ordre qui la remplace : qui détient les armes, qui les compte, qui gouverne.

Un mouvement accepte un plan, un gouvernement le refuse dans sa forme, un panel américain envisage d’en écrire un troisième. Entre les trois, deux millions de personnes attendent que quelqu’un signe.


Source : Le Monde – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/18/a-gaza-le-hamas-accepte-la-feuille-de-route-americaine-pour-la-paix-israel-attendu-sur-le-desarmement_6749043_3210.html