À 25 ans, le Britannique James Dacombe est devenu le plus jeune milliardaire européen parti de rien, selon Forbes. Sa société de puces IA Olix, fondée à Londres en 2024, a triplé sa valorisation en six mois pour atteindre 3,3 milliards de dollars. Le fonds souverain britannique dédié à l’intelligence artificielle figure parmi ses investisseurs.
En 2017, James Dacombe quitte le lycée. Il n’y est jamais retourné. Le Britannique fonde alors CoMind, une start-up de surveillance de l’activité cérébrale, puis décroche quatre ans plus tard une bourse Thiel Fellowship, un dispositif qui rémunère de jeunes entrepreneurs pour qu’ils renoncent à l’université. Le programme porte le nom de son financeur, l’investisseur américain Peter A.
Thiel, Young Global Leader du Forum économique mondial (promotion 2007), qui s’est rendu aux réunions du groupe Bilderberg entre 2019 et 2024.
À 25 ans, Dacombe est le plus jeune milliardaire européen parti de rien, selon le décompte publié par Forbes le 15 août 2026. Sa fortune repose sur deux actifs : environ 30 % du capital d’Olix, son fabricant de puces créé en 2024, et 12 % de CoMind, qu’il continue de diriger séparément. CoMind a levé 102,5 millions de dollars en août 2025 sans communiquer sa valorisation. Les deux sociétés n’ont pas répondu aux sollicitations de Forbes.
312 millions de dollars et un fonds d’État
Début août, Olix a bouclé une levée de 312 millions de dollars. L’opération valorise l’entreprise londonienne à 3,3 milliards de dollars, soit trois fois plus que six mois auparavant. Au tour de table figurent la société d’investissement new-yorkaise Fundomo, le concepteur de puces Arm, coté au Nasdaq, le fonds quantitatif américain Hudson River Trading et Reed Hastings, cofondateur de Netflix.
Un investisseur détonne dans cette liste : le Sovereign AI fund, le véhicule financier du gouvernement britannique consacré à l’intelligence artificielle. Londres place donc de l’argent public dans une société de deux ans qui n’a pas encore livré un seul processeur. La souveraineté numérique se paie d’avance.
La lumière plutôt que l’électricité
Le pari technique d’Olix tient en une phrase : les puces surpuissantes de Nvidia ne servent pas à tout. Dacombe veut concevoir des processeurs spécialisés selon les différentes étapes de l’inférence, ce moment où un modèle d’intelligence artificielle produit sa réponse. Ses puces sont photoniques : les données circulent d’un composant à l’autre sous forme de lumière et non de signaux électriques, ce qui réduit les temps de latence et la consommation d’énergie.
L’entreprise a aussi choisi de se passer de mémoire à haute bande passante, un composant coûteux et en pénurie. Les premières livraisons aux clients sont annoncées pour le second semestre 2027, selon un communiqué de la société. Interrogé par le Financial Times, Dacombe défend sa stratégie : « il est vraiment payant de désagréger et d’avoir du silicium sur mesure ».
Onze milliardaires de moins de trente ans
Dacombe appartient à un club de onze milliardaires partis de rien qui n’ont pas atteint la trentaine. Quatre seulement ne sont pas américains.
Derrière lui, en Europe, vient Arvid Lunnemark, 26 ans. Ce Suédois passé par le MIT, membre du WEF a cofondé en 2022 l’éditeur de code par intelligence artificielle Cursor avec trois camarades d’université. Vendredi, le rachat de Cursor par SpaceX pour 60 milliards de dollars a presque doublé leurs fortunes respectives, estimées à 2,4 milliards de dollars chacune. Le plus âgé des cofondateurs de Cursor, le Pakistanais Sualeh Asif, a 26 ans.
Autre Suédois, autre semaine faste : Fabian Hedin, 26 ans lui aussi, cofondateur de Lovable, a vu sa fortune estimée passer à 3,1 milliards de dollars après une levée de 400 millions valorisant sa société de développement assisté par intelligence artificielle à 13,3 milliards. Il était devenu milliardaire en décembre, sur une valorisation de 6,6 milliards.
Le titre mondial revient à l’Américain Surya Midha. Il avait 22 ans en octobre lorsque Mercor, sa start-up de recrutement par intelligence artificielle, a été valorisée 10 milliards de dollars, portant sa fortune à 2,2 milliards. Ses cofondateurs Brendan Foody et Adarsh Hiremath ont environ deux mois de moins que lui. Tous trois ont désormais 23 ans. Ils sont également passés par la Thiel Fellowship.
Avant eux, le record appartenait à Shayne Coplan, 28 ans, fondateur de Polymarket qui compte parmi ses principaux actionnaires Founders Fund, le fonds cofondé par Peter Thiel. Il avait dépassé quelques semaines plus tôt Alexandr Wang, 29 ans, fondateur de Scale AI, entreprise membre du Forum économique mondial et participant à la réunion du groupe Bilderberg 2026. Le titre a changé de mains trois fois en moins d’un an, mais les lauréats sont toujours proches des réseaux mondialistes.
Groq, d-Matrix et les autres
Le marché des puces d’inférence attire du monde. La société californienne d-Matrix, soutenue par Microsoft, membre du Forum économique mondial, commercialise déjà ses processeurs Corsair. MatX, Etched et la londonienne Fractile ont toutes levé des montants importants au cours des douze derniers mois.
Nvidia n’a pas laissé faire. En décembre, le fabricant américain a signé un accord de licence de 20 milliards de dollars avec Groq, fondée par Jonathan Ross, l’un des artisans des premiers processeurs TPU de Google, entreprise membre du Forum économique mondial. Dacombe n’avait jamais travaillé dans le semi-conducteur avant de créer Olix. Il estime que la photonique apprise chez CoMind lui donne une longueur d’avance sur Groq et sur les fondeurs installés.
L’argent ne manque pas pour financer ces promesses. Dans les puces IA, le premier milliard se gagne sur un plan de route ; le suivant se gagnera en salle blanche.