Place Saint-Jean dans le Vieux Lyon, cinquieme arrondissement

Manifestation réclamant la Remigration à Lyon : le préfet interdit le rassemblement du 16 août

Le préfet du Rhône a interdit par arrêté, jeudi 13 août, le rassemblement identitaire prévu place Saint-Jean, dans le cinquième arrondissement de Lyon, dimanche 16 août à 18 heures. L’appel émanait du mouvement Save Europe Act et portait sur la « remigration », c’est-à-dire l’expulsion des étrangers et des personnes issues de l’immigration extra-européenne. La préfecture invoque le risque de troubles à l’ordre public et l’atteinte à la dignité de la personne humaine.

La déclaration de rassemblement a été déposée le mardi 11 août. L’arrêté préfectoral est tombé le jeudi 13. Entre les deux, la préfecture du Rhône a estimé que la manifestation annoncée place Saint-Jean, au coeur du Vieux Lyon classé au patrimoine mondial et très fréquenté un dimanche soir de mi-août, présentait un risque de troubles à l’ordre public.

Le second motif retenu porte sur le fond : l’atteinte à la dignité de la personne humaine. C’est le mot d’ordre lui-même, et non le seul contexte, que vise l’arrêté.

Ce que le mot remigration recouvre

Le terme circule depuis une dizaine d’années dans les milieux identitaires européens. Il désigne le renvoi hors d’Europe des étrangers et des descendants d’immigrés extra-européens, y compris lorsque ces personnes sont de nationalité française. Il ne s’agit pas d’un durcissement des conditions d’entrée, mais d’un départ organisé de personnes déjà installées.

La campagne a d’abord existé en ligne, sous forme de visuels et de mots-clés coordonnés. Elle s’est déplacée dans la rue au cours de l’été 2026, dans plusieurs villes européennes.

Lille le 8 août, Lyon le 16

Un rassemblement comparable devait se tenir à Lille le 8 août. La préfecture du Nord l’avait également interdit. Le mode opératoire est identique : une déclaration déposée quelques jours avant, un lieu très visible du centre-ville, un créneau de fin d’après-midi.

Les organisateurs disposent d’un recours : le référé-liberté devant le tribunal administratif, procédure d’urgence qui permet à un juge de se prononcer en quarante-huit heures sur une interdiction de manifester. Les décisions rendues ces dernières années en la matière sont partagées, et chaque arrêté est examiné sur ses motifs propres.

Ce que le préfet peut faire, ce que le juge peut défaire

Le code de la sécurité intérieure autorise le représentant de l’État à interdire une manifestation lorsqu’il estime qu’elle est de nature à troubler l’ordre public. L’interdiction doit être motivée, proportionnée et fondée sur des éléments concrets ; c’est ce triple test que contrôle ensuite le juge administratif.

Le terme de « remigration » a été popularisé en France par la mouvance identitaire à partir des années 2010, notamment par Génération identitaire, dissoute par décret en mars 2021. Le vocabulaire a survécu à l’organisation. Il circule aujourd’hui sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays européens, porté par des collectifs sans structure juridique déclarée, ce qui complique à la fois l’identification des organisateurs et l’exécution des arrêtés.

Une place, un dimanche, 18 heures

La place Saint-Jean n’a pas été choisie au hasard. Elle est adossée à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, dans le cinquième arrondissement, sur l’un des parcours touristiques les plus empruntés de la métropole de Lyon. Un dimanche d’août, à 18 heures, elle est pleine.

Reste la question de dimanche. Maintenir un rassemblement interdit expose les organisateurs à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, peine prévue par l’article 431-9 du code pénal. Les participants, eux, encourent une contravention. Dans les faits, la préfecture déploie généralement un dispositif policier de dissuasion sur le lieu annoncé, et l’appel se déplace vers d’autres formes, plus mobiles ou plus discrètes.

C’est précisément ce que l’arrêté retient : la visibilité recherchée est aussi ce qui rend la maîtrise du rassemblement incertaine.

Deux préfectures, deux interdictions, un même mot d’ordre qui cherche la rue après avoir occupé les écrans. Le tribunal administratif dira si l’arrêté tient. Rendez-vous dimanche, place Saint-Jean, pour savoir qui aura le dernier mot.


Source : actu Lyon – https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/un-rassemblement-d-ultradroite-soutenant-la-remigration-interdit-a-lyon-par-le-prefet-du-rhone_64664555.html