Rame du métro parisien exploité par la RATP

Emplois fictifs à la RATP : L’association AC!! Anti-Corruption porte plainte contre X

L’association AC!! Anti-Corruption a déposé mercredi une nouvelle plainte contre X au Parquet national financier, dénonçant un système présumé d’emplois fictifs au bénéfice d’élus parisiens et franciliens à la RATP. Cette fois, l’association vise moins un nom qu’un mécanisme : des postes qu’elle qualifie de complaisance, distribués selon elle à des élus de tout bord politique.

La régie des transports parisiens n’en avait pas fini avec le Canard enchaîné. Après un premier article pointant le cumul d’un poste à temps plein à la RATP et d’un mandat d’élu chez Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, l’hebdomadaire satirique récidive avec un nouveau papier titré “200 agents de la RATP sur la bonne voie”. AC!! Anti-Corruption s’en saisit et élargit le tir : détournement de fonds publics, favoritisme, faux et usage de faux. Cette fois, l’association mentionne aussi des articles de Mediapart et Marianne à l’appui de sa plainte.

L’ancien juge Éric Halphen, président d’honneur de l’association, résume l’ambition : comprendre le système qui aurait pu exister à un moment donné au sein de la RATP, avec des emplois pour élus qu’on pourrait qualifier de complaisance. C’est sur ce terrain qu’il espère voir le parquet financier ouvrir une enquête, plutôt que sur le seul cas Bagayoko.

Des postes sans fiche de poste, dit l’association

Le grief central tient en une phrase : des élus auraient été rémunérés par la RATP pour des postes sans activité réelle, parfois sans présence, parfois sans fiche de poste identifiable. AC!! Anti-Corruption parle d’un système organisé et structuré, pas d’actes isolés. La régie, sollicitée par l’AFP, dément fermement toute allégation d’emploi de complaisance, et invoque la loi du 22 décembre 2025 censée faciliter la conciliation entre mandat local et vie professionnelle des salariés.

Sur le cas Bagayoko précisément, la RATP rappelle un recrutement en 2001, passé par les entretiens d’embauche puis de titularisation communs à tous les agents au statut. L’intéressé, de son côté, a dénoncé sur X une séquence médiatique destinée à le discréditer politiquement, en affirmant sans détour qu’être élu n’est pas un emploi.

Pécresse demande la transparence

Le dossier dépasse désormais le seul cas d’un maire de Seine-Saint-Denis. Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités et qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, a réclamé sur X toute la transparence sur la politique de recrutement de la RATP, passée et présente, pour dissiper les soupçons. La régie, prudente, dit réserver à la justice toutes les pièces qui lui seraient demandées si le parquet décidait de se saisir du dossier.

Reste à savoir si le PNF ira chercher plus loin que les 200 agents cités par le Canard enchaîné. Entre une régie qui dément en bloc et une association qui promet d’autres révélations, l’histoire des élus voyageurs de la RATP n’a sans doute pas fini de rouler.


Source : Le Figaro avec AFP — https://www.lefigaro.fr/societes/soupcons-d-emplois-fictifs-d-elus-parisiens-et-franciliens-a-la-ratp-l-association-ac-anti-corruption-depose-plainte-20260812