Cybersécurité : Trump ouvre la voie aux entreprises privées contre la cybercriminalité étrangère

Le président américain et contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump a signé un mémorandum permettant à des entreprises privées agréées de participer à des cyberopérations contre des réseaux criminels étrangers visant les États-Unis. Placées sous l’autorité du gouvernement fédéral, ces sociétés pourront intervenir contre des infrastructures numériques utilisées notamment pour des rançongiciels et des fraudes financières. Une évolution majeure de la stratégie américaine, qui soulève aussi des interrogations sur les risques liés à l’externalisation d’opérations cyber offensives.

Le gouvernement américain veut davantage s’appuyer sur le secteur privé pour combattre la cybercriminalité venue de l’étranger. Donald Trump a signé mercredi un mémorandum destiné à intégrer des entreprises spécialisées aux opérations informatiques conduites contre des organisations criminelles transnationales ciblant les États-Unis.

Le dispositif prévoit de mobiliser les capacités technologiques et l’innovation d’acteurs privés dans la lutte contre différentes formes de criminalité numérique, parmi lesquelles les attaques par rançongiciel et les fraudes financières. D’après les informations rapportées par i24NEWS, qui cite Reuters, l’objectif est de renforcer les moyens dont disposent les autorités américaines face à des réseaux opérant hors du territoire national.

Cette participation du secteur privé ne doit toutefois pas se traduire par une liberté d’action totale. Les entreprises concernées évolueront sous la direction et le contrôle des autorités américaines, qui conserveront la responsabilité des opérations.

Des entreprises privées sous contrôle fédéral

Les sociétés retenues pourront travailler avec d’autres entreprises, mais aussi avec différentes agences fédérales et locales. Leur rôle comprendra notamment la collecte de renseignements concernant les menaces informatiques ainsi que la proposition d’opérations destinées à les neutraliser.

Le département américain de la Sécurité intérieure devra mettre sur pied un programme spécifiquement consacré aux cyberopérations visant les organisations criminelles étrangères. Sa supervision sera assurée conjointement avec le département de la Justice.

Avant de pouvoir intervenir, les entreprises candidates devront être contrôlées puis agréées. Une fois cette étape franchie, elles pourront participer à des missions de surveillance numérique et mener des actions contre des cibles préalablement identifiées par les autorités fédérales.

Le mémorandum dessine ainsi un cadre dans lequel les compétences techniques d’entreprises privées peuvent être directement mises au service de la puissance publique. Washington ne se contente plus, dans ce schéma, de solliciter leur expertise pour renforcer la défense de systèmes informatiques : certaines sociétés pourront participer à des opérations visant directement les infrastructures utilisées par des organisations criminelles.

Des cyberopérations potentiellement destructrices

Le champ d’action envisagé est particulièrement large. Les interventions autorisées pourront aller jusqu’à modifier, perturber, dégrader ou détruire des systèmes informatiques, des réseaux et des données associés aux cibles désignées.

Le dispositif concerne également des infrastructures physiques ou virtuelles dont le fonctionnement dépend de systèmes numériques. Cette possibilité donne à ces opérations une portée dépassant la simple collecte d’informations ou la surveillance de réseaux suspects.

Les entreprises ne pourront cependant pas intégrer le programme sans garanties. Le mémorandum prévoit notamment le dépôt d’une garantie financière d’au moins un million de dollars pour pouvoir participer au dispositif.

Cette condition vient s’ajouter aux procédures d’agrément et au contrôle exercé par les autorités fédérales. L’administration américaine entend ainsi conserver la maîtrise de la sélection des acteurs privés comme de la définition des cibles et du périmètre des interventions.

Une privatisation partielle qui suscite des inquiétudes

Le recours à des sociétés privées pour mener des opérations informatiques offensives demeure un sujet sensible. Contrairement à une mission classique de cybersécurité défensive, destinée par exemple à protéger un réseau ou à identifier une intrusion, les actions envisagées peuvent directement affecter les systèmes contrôlés par les organisations ciblées.

Les critiques d’une telle approche mettent notamment en avant le risque d’escalade. Une opération informatique peut avoir des conséquences difficiles à circonscrire, notamment lorsqu’un système compromis est connecté à d’autres infrastructures ou lorsque l’identification de l’auteur réel d’une cyberattaque demeure complexe.

Les dommages collatéraux constituent une autre inquiétude. Une opération visant une infrastructure criminelle pourrait potentiellement affecter des systèmes ou des données qui ne constituent pas directement la cible initiale. À cela s’ajoute la question de la coordination entre les multiples administrations américaines susceptibles d’intervenir dans le domaine cyber.

Le mémorandum signé par Donald Trump tente de répondre à une partie de ces risques en maintenant les sociétés participantes sous l’autorité du gouvernement. Mais il marque dans le même temps une évolution notable : des capacités offensives jusqu’ici étroitement associées à l’appareil étatique pourront être confiées, dans un cadre défini par Washington, à des acteurs privés agréés.

Face aux réseaux de rançongiciels, aux fraudes financières et aux organisations criminelles capables d’opérer à distance depuis l’étranger, l’administration Trump fait ainsi le pari d’une coopération beaucoup plus poussée entre puissance publique et industrie technologique. Une stratégie où le privé entre directement sur le terrain des cyberopérations, mais avec Washington aux commandes.

Sources :
i24NEWS, « Donald Trump mobilise des entreprises privées contre la cybercriminalité étrangère », publié le 13 août 2026. L’article indique s’appuyer sur des informations de Reuters.