Raphaël Glucksmann, se disant ciblé par une campagne de désinformation attribuée à la Russie, appelle à « ne pas avoir la main qui tremble » face à Elon Musk et à son réseau X. L’eurodéputé reproche aussi à TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, de n’avoir fait l’objet d’« aucune sanction » malgré des soupçons similaires d’ingérence. L’écologiste Marine Tondelier va plus loin et propose d’interdire X pendant la campagne présidentielle.
Ne pas avoir la main qui tremble
« Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X », a déclaré Raphaël Glucksmann, gendre du contributeur de l’agenda 2030, Ghassan Salamé. La formule vise directement le milliardaire américain, propriétaire du réseau social qu’il a rebaptisé après son rachat de Twitter.
Lui-même visé par une opération russe
L’eurodéputé a été informé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale qu’il faisait l’objet d’une campagne de déstabilisation attribuée au groupe Storm-1516, présenté comme piloté par les services de renseignement militaire russes. Faux articles, vidéos truquées, voix de journalistes reconstituées par synthèse vocale : la méthode a circulé en particulier sur X et TikTok.
TikTok, l’autre absent des sanctions
Raphaël Glucksmann ne vise pas seulement X. « Il n’y a pas eu de sanctions prises contre TikTok », a-t-il également pointé, alors que l’application appartient au groupe chinois ByteDance et fait l’objet de soupçons similaires de complaisance face aux opérations de désinformation. L’eurodéputé demande que les deux plateformes soient traitées avec la même fermeté au regard des règles européennes.
Tondelier veut aller plus loin
L’écologiste Marine Tondelier a durci le ton. « Menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections me semble nécessaire », a-t-elle affirmé, estimant que l’algorithme du réseau constitue « une ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique » que les contenus isolés qui y circulent.
X a déjà été sanctionné une fois, pas TikTok
La demande de Raphaël Glucksmann n’est pas sans précédent. La Commission européenne a infligé le 5 décembre 2025 une amende de 120 millions d’euros à X, la première sanction prononcée au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Bruxelles reprochait à la plateforme d’avoir induit ses utilisateurs en erreur avec ses badges de certification payants, un manque de transparence sur la publicité et un défaut d’accès aux données pour les chercheurs habilités. Une enquête distincte sur la désinformation et les contenus illégaux reste ouverte. Le vice-président américain JD Vance avait dénoncé une Union européenne s’en prenant « aux entreprises américaines », quand la vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, avait assuré que la démarche n’avait « rien à voir avec la censure ». TikTok, propriété de Bytedance, entreprise membre du Forum économique mondial n’a pour l’instant fait l’objet d’aucune sanction comparable.
X n’a été sanctionné qu’une fois. TikTok, jamais. Le scrutin, lui, aura lieu comme prévu.
Source : BFMTV — www.bfmtv.com