Le Finlandais Lukas Sjoman a franchi le cap des 3 000 milles nautiques à bord de l’Helios 11, un yacht solaire de onze mètres qu’il a construit lui-même, sans consommer une seule goutte de carburant. Selon les informations relayées le 3 août 2026 par le média australien Supercar Blondie, sous la plume de la journaliste Daisy Edwards, l’embarcation carbure exclusivement à dix panneaux solaires domestiques et une batterie de 24 kWh. Le navigateur, qui documente son périple sur sa chaîne YouTube True North Yachts, a franchi cette étape symbolique en longeant les côtes méditerranéennes espagnoles.
Pas de moteur diesel, pas d’arrêt en marina pour faire le plein. L’Helios 11 avance à la seule force du soleil, captée par dix panneaux solaires du type de ceux que l’on installe sur un toit de pavillon. Montés sur le pont, ils rechargent en continu une batterie de 24 kWh, elle-même reliée à un moteur électrique hors-bord de 6 kW.
Selon Supercar Blondie, ces panneaux produisent près de 4 000 watts au pic d’ensoleillement, de quoi faire naviguer le bateau en puisant à peine dans la batterie. Le tirant d’eau, limité à un demi-mètre, permet à Sjoman de rejoindre des criques que les yachts plus imposants ne peuvent pas atteindre.
Lors d’une étape de 30 milles nautiques filmée au large de l’Espagne, le navigateur a calculé avoir évité une dépense d’environ 46 dollars en essence. Une fois à l’ancre, par beau temps, les batteries remontent même à 100 % pendant qu’il se baigne ou explore la côte, sans qu’aucune source d’énergie extérieure n’intervienne.
La facture, version amateur du dimanche
Construit en Finlande, l’Helios 11 n’est pas sorti d’un chantier naval mais d’un garage. Sjoman a partagé un décompte détaillé du coût de fabrication, également rapporté par Supercar Blondie : environ 2 881 dollars pour les batteries, entre 4 033 et 4 609 dollars pour le moteur électrique hors-bord, 864 dollars pour les panneaux solaires et autant pour les régulateurs de charge. Contreplaqué, fibre de verre, résine époxy, peinture et bois complètent la facture.
Au total, les seuls matériaux représentent environ 20 742 dollars. En intégrant l’atelier, l’outillage et l’électricité, Sjoman estime qu’un particulier motivé peut reproduire le projet pour une somme comprise entre 23 047 et 34 571 dollars. Confier la construction à un chantier professionnel coûterait, selon ses propres calculs, entre 69 141 et 92 188 dollars, soit environ trois fois plus que la version artisanale.
Un bricoleur, pas une multinationale
Le projet Helios 11 reste, à ce stade, une initiative individuelle documentée sur YouTube. Supercar Blondie ne mentionne aucun chantier naval partenaire ni aucun financement extérieur : Lukas Sjoman a conçu, financé et construit son yacht solaire seul, avant de le mettre à l’épreuve sur les routes maritimes européennes pendant plusieurs mois.
Cette dimension artisanale distingue l’Helios 11 des grands catamarans solaires expérimentaux financés par des industriels ou des fondations, à l’image du Tûranor PlanetSolar, mis à l’eau en 2010 avec le soutien de partenaires suisses et allemands. Ici, pas de sponsors visibles sur la coque : seulement un homme, dix panneaux et une addition tenue à jour sur un tableur.
Après onze mètres, direction plus grand
Fort de cette traversée, Sjoman veut voir plus loin. Il travaille déjà sur un catamaran à moteur de 16 mètres, plus grand que l’Helios 11, toujours conçu pour naviguer sans carburant fossile. Pour lui, l’expérience prouve qu’un particulier sans moyens industriels peut construire un bateau long-courrier capable de tenir la mer sur la seule énergie solaire, là où la plupart des yachts électriques du marché restent dépendants de bornes de recharge ou de marinas équipées.
Trois mille milles, zéro station-service, et un homme qui préfère le bronzage à la facture de carburant. Le vrai luxe, en 2026, tiendrait peut-être moins à la taille du bateau qu’à ce qui ne figure plus sur la note.
Source : Supercar Blondie – https://supercarblondie.com/solar-powered-yacht-passes-3000-nautical-miles/