Mark Zuckerberg, PDG de Meta, en 2025

Muse Code : Meta cherche l’inspiration à prix cassés

Le 5 août 2026, Meta a dévoilé Muse Code, son premier agent de programmation autonome, disponible en version bêta et propulsé par le nouveau modèle Muse Spark 1.2. L’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg mise sur une tarification à la consommation, jusqu’à dix fois moins chère pour les utilisateurs qui acceptent que leurs données servent à l’entraînement, afin de bousculer un marché aujourd’hui verrouillé par Claude Code d’Anthropic et Codex d’OpenAI. L’enjeu financier n’est pas anodin pour un groupe dont les revenus restent encore presque exclusivement publicitaires.

Selon la documentation partagée par Meta, Muse Code va bien au-delà d’un simple correcteur ou générateur de lignes de code. L’agent est capable de découper un projet entier en une série de tâches, de rédiger le code correspondant, puis de contrôler lui-même la qualité du résultat obtenu. Il peut aussi répartir le travail entre plusieurs sous-agents actifs simultanément afin d’accélérer l’exécution de projets complexes, une fonctionnalité que Mark Zuckerberg qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial (promotion 2009), a lui-même mise en avant sur le réseau Threads. L’outil s’appuie sur Muse Spark 1.2, une nouvelle itération du modèle présenté en avril, qui marquait déjà le point de départ d’une refonte complète de la stratégie en intelligence artificielle du groupe. Sur X, le dirigeant de Meta, entreprise membre du Forum économique mondial, a résumé l’outil comme un agent en ligne de commande chargé de « planifier les changements, écrire le code, valider les résultats ».

Le rabais qui fait mal à la concurrence

Côté facturation, Meta a choisi un modèle à la consommation plutôt qu’un abonnement classique, avec un tarif de base fixé à 1,25 dollar par million de tokens en entrée et 4,25 dollars en sortie. Le token, unité de mesure du travail réalisé par un modèle d’intelligence artificielle, correspond schématiquement à un fragment de mot ou de ligne de code traité par le système. Un rabais de l’ordre d’un facteur dix est accordé aux utilisateurs qui consentent à ce que leurs données d’usage servent à l’entraînement des futurs modèles du groupe, une contrepartie qui n’a rien d’anecdotique pour une entreprise en quête de volumes de données toujours plus importants. Cette politique tarifaire agressive traduit la volonté de Meta de s’imposer comme un trouble-fête sur un terrain aujourd’hui verrouillé par Anthropic et OpenAI, respectivement aux commandes de Claude Code et Codex.

Anthropic et OpenAI dans le viseur

Anthropic, dont le dirigeant Dario Amodei, figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial et est identifié comme contributeur de l’agenda 2030 des Nations unies, occupe depuis plusieurs mois une position dominante sur ce segment avec Claude Code. OpenAI, dont le patron Sam Altman figure lui aussi dans les listes des Young Global Leaders du Forum économique mondial (promotion 2015) et comme contributeur de l’agenda 2030, défend de son côté Codex sur le même terrain. Meta espère profiter de tarifs jusqu’à dix fois inférieurs pour grignoter des parts de marché sur ce duo installé, quitte à rogner ses propres marges le temps de convaincre les développeurs de changer d’outil.

Un pari à 14 milliards de dollars

L’enjeu financier est de taille pour Meta, dont les revenus dépendent encore presque exclusivement de la publicité, et qui doit convaincre des investisseurs de plus en plus nerveux face à l’explosion de ses dépenses en intelligence artificielle. Depuis la mi-2025, le groupe s’est donné pour objectif de devenir un acteur central de l’écosystème de l’intelligence artificielle : il a investi plus de 14 milliards de dollars pour s’offrir 49 % du capital de Scale AI et confié à Alexandr Wang la direction de Meta Superintelligence Labs. Muse Code s’inscrit dans cette bataille plus large, celle que la presse spécialisée qualifie déjà de guerre de l’intelligence artificielle, où chaque groupe cherche à capter les développeurs avant que leurs habitudes ne se figent autour d’un outil concurrent.

Muse Code reste pour l’instant cantonné à une version bêta. Mais le message envoyé aux développeurs est limpide : chez Meta, le code se négocie désormais au tarif de gros.


Source : Numerama – https://www.numerama.com/tech/2307117-muse-code-meta-attaque-claude-code-et-codex-et-part-a-la-conquete-des-developpeurs.html