Mehdi Laribi, 36 ans, soupçonné d’être l’un des fondateurs du réseau marseillais DZ Mafia, a été interpellé en Algérie le 20 juillet 2026, a annoncé TF1info le 5 août. Visé par un mandat d’arrêt depuis l’opération policière Octopus lancée en mars 2026, il est poursuivi pour direction de groupement criminel, blanchiment et association de malfaiteurs. Il a été placé sous contrôle judiciaire sur place, la question de son extradition vers la France restant en suspens.
Surnommé “Tic” dans les dossiers de la police judiciaire, Mehdi Laribi a 36 ans. Il a été interpellé en Algérie le 20 juillet 2026. L’information n’a été rendue publique que le 5 août, par TF1info, soit plus de deux semaines après les faits. Le silence a duré le temps que les autorités calent leur communication sur une arrestation menée hors du territoire français. Franco-algérien, l’homme résidait dans le pays depuis plusieurs années, loin de Marseille et des quartiers où le nom de son réseau s’est imposé au fil des règlements de comptes. Depuis son interpellation, il est placé sous contrôle judiciaire par la justice algérienne, une mesure qui ne préjuge en rien d’une remise aux autorités françaises. Elle organise seulement, pour l’instant, sa présence sur le sol algérien dans l’attente d’une décision.
L’opération Octopus, point de départ du dossier
Mars 2026. Une vaste opération de police baptisée “Octopus” vise le réseau DZ Mafia et débouche sur 26 mises en examen. Un coup de filet à l’échelle du dossier, qui n’attrape cependant pas tout le monde. C’est à l’issue de cette opération qu’un mandat d’arrêt est délivré contre Mehdi Laribi, resté introuvable pendant plusieurs mois, hors de portée des enquêteurs français. Il est aujourd’hui poursuivi pour “direction de groupement criminel ayant pour objet le trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs”, selon les éléments recueillis par TF1info. Trois qualifications, un seul homme visé au sommet de l’organigramme présumé. La direction, le blanchiment, l’association : de quoi dessiner le profil d’un rôle de tête de réseau plutôt que d’exécutant de terrain.
DZ Mafia, un nom associé aux quartiers nord de Marseille
Le réseau DZ Mafia est implanté à Marseille. Son nom revient régulièrement dans les enquêtes sur les règlements de comptes et l’économie souterraine de la drogue, en particulier dans les quartiers nord de la ville. Une géographie précise, des faits répétés, une réputation qui a fini par dépasser les frontières de la cité phocéenne. Mehdi Laribi en serait l’un des fondateurs. Un statut qui explique l’ampleur du dispositif judiciaire déployé depuis mars 2026 pour remonter jusqu’à la tête de l’organisation, loin des seuls exécutants habituellement interpellés sur le terrain. Vingt-six mises en examen d’un côté, un fondateur présumé de l’autre : le dossier Octopus visait manifestement plus haut que le simple point de deal.
L’inconnue de l’extradition
Reste une question que ni la police ni la justice ne peuvent trancher seules : l’Algérie acceptera-t-elle de livrer l’un de ses ressortissants à la France ? Le pays n’extrade généralement pas ses propres nationaux. Une règle, pas une exception, qui complique par avance la procédure engagée contre Mehdi Laribi. Le contrôle judiciaire prononcé à son encontre à Alger ne dit rien, pour l’heure, de la suite qui sera donnée au dossier. Il fixe seulement un cadre, le temps que la question diplomatique trouve, ou non, une issue.
Le nom de Mehdi Laribi rejoint la liste déjà longue des chefs présumés de la DZ Mafia rattrapés par la justice, sans que cela ne garantisse un procès sur le sol français. Entre Marseille et Alger, l’affaire se joue désormais sur un terrain autant diplomatique que judiciaire.