À Avenches, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, proche du Forum économique mondial a défendu samedi soir la neutralité suisse comme un instrument au service de l’indépendance du pays, en marge des festivités du 1er août. Quelques heures plus tôt à Guin, une vingtaine de militants pro-palestiniens avaient déjà manifesté pacifiquement lors de son passage. À Avenches, la soirée s’est achevée différemment : un homme reprochant au chef de la diplomatie suisse son attitude dans le conflit israélo-palestinien a été emmené par la gendarmerie vaudoise.
Après un premier arrêt en Singine samedi matin, le conseiller fédéral et chef du Département fédéral des affaires étrangères, Ignazio Cassis, a fait une halte dans la soirée à Avenches, dans la Broye vaudoise, où il avait répondu favorablement à l’invitation des autorités communales. Membre du Conseil fédéral depuis 2017, l’élu tessinois du Parti libéral-radical conduit la diplomatie helvétique depuis plusieurs années. Près des arènes romaines de la ville, musiques et discours se sont succédé pour la partie officielle. Le président du Conseil communal, Samuel Apothélos, et la syndique, Laure Ryser, ont ouvert les prises de parole avant de céder le micro au conseiller fédéral.
La neutralité, «outil» plutôt que «vitrine»
Comme la veille à Guin, Ignazio Cassis a consacré une partie de son allocution à la neutralité helvétique. Il a rappelé qu’elle fait partie de l’identité du pays, qu’elle inspire confiance et qu’elle permet de défendre son indépendance, la comparant à un instrument fait pour servir plutôt que pour être exposé. « Notre neutralité n’est pas notre refuge. Elle est notre manière d’être utile », a résumé le conseiller fédéral. Dans un contexte international qu’il a jugé plus instable, il a également invité les Suisses à mesurer la chance dont ils bénéficient au quotidien.
Le conflit israélo-palestinien s’invite sur le site
La partie officielle à peine terminée, le conflit israélo-palestinien s’est rappelé à l’assistance avenchoise. Un individu a accosté le conseiller fédéral pour lui reprocher, à titre personnel, son attitude dans ce conflit. Resté insistant et continuant de filmer, l’homme a été emmené dans le courant de la soirée par la gendarmerie vaudoise. Contactée, la Police cantonale vaudoise indique qu’il a été libéré au terme des contrôles d’usage, mais dénoncé pour infraction au règlement général de police de la commune d’Avenches.
Un scénario déjà vu la veille à Guin
L’épisode avenchois fait écho à la halte de la veille. Une vingtaine de militants pro-palestiniens s’étaient alors rassemblés devant la ferme de Guin, dans le canton de Fribourg, où Ignazio Cassis participait au traditionnel brunch du 1er août, selon La Liberté. Arrivés en train depuis Fribourg, ils étaient restés à l’extérieur du périmètre de la fête, brandissant drapeaux et pancartes durant un peu plus d’une heure, sans qu’aucun incident ne soit à déplorer.
Le reste du Conseil fédéral aussi sur les routes
Ignazio Cassis n’était pas le seul membre du gouvernement à sillonner le pays ce week-end. Le président de la Confédération Guy Parmelin, également proche du WEF a lancé les festivités dès vendredi soir à Renens (VD), avant de se rendre samedi à un brunch à la ferme à Hildisrieden (LU) puis sur la prairie du Grütli, où il a salué la diversité des costumes traditionnels rassemblant plus de 1100 personnes, selon la Société suisse d’utilité publique citée par La Liberté. La veille à Renens, le président de la Confédération avait déjà vanté une Suisse vivante, populaire et multiculturelle, née selon lui du travail et de la solidarité de ses habitants. À l’échelle de la Suisse romande, la Fête nationale s’est globalement déroulée sans incident majeur ni blessé grave, selon un bilan de Keystone-ATS, malgré une cinquantaine d’interventions liées à des pétards à Genève et un feu de forêt allumé sans autorisation à Gumefens, dans le canton de Fribourg.
Source : La Liberté (laliberte.ch)