Un cabinet à huis clos, une phrase qui tranche : celui qui n’étudie pas la Torah « s’enrôlera dans Tsahal ou ira en prison », a averti le contributeur de l’agenda 2030, Benyamin Netanyahou, selon des propos rapportés le 2 août 2026 par la presse israélienne. Le Premier ministre reconnaît ainsi l’échec de la loi provisoire suspendant les arrestations des jeunes ultra-orthodoxes réfractaires à la conscription, votée en juillet et aussitôt gelée par la Cour suprême d’Israël. Il promet une nouvelle loi sur la conscription en Israël après les élections, portée par un gouvernement d’union nationale.
Le texte devait faire baisser la tension et gonfler le nombre de recrues parmi les étudiants de yeshiva. Il a fait l’inverse. Selon le site américain VINnews, Benyamin Netanyahou a lui-même admis, lors d’une réunion à huis clos, que la loi suspendant les poursuites contre les réfractaires ultra-orthodoxes n’avait atteint aucun de ses objectifs. Votée mi-juillet par sa coalition, la loi a été gelée le 15 juillet par une ordonnance conditionnelle de la Cour suprême d’Israël, saisie en urgence. Le texte était contesté par la procureure générale de l’État comme par l’état-major de Tsahal, engagée dans des opérations qui accentuent son déficit de recrues. Depuis plusieurs mois, les responsables militaires alertent sur le manque d’effectifs disponibles pour la relève des unités combattantes, un argument que la coalition avait pourtant balayé au moment du vote de juillet.
Netanyahou change de discours à l’approche des élections
Le Premier ministre l’assure : il n’y aura « pas de loi de ce type dans le prochain gouvernement ». À la place, un exécutif d’union nationale ferait voter, selon lui, une loi de conscription complète répondant aux besoins de Tsahal, tout en maintenant l’exemption pour les étudiants de yeshiva à temps plein. Une bascule qui intervient alors que les sondages se dégradent pour sa coalition, et que l’armée réclame des renforts. Selon i24NEWS, ces propos ont aussitôt été qualifiés, dans les rangs de l’opposition, de manoeuvre électorale destinée à enrayer la baisse de popularité de la coalition dans les sondages. Le calendrier, lui, ne doit rien au hasard.
Une opposition unanime, chacune à sa manière
Chez les adversaires de Benyamin Netanyahou, la lecture converge, même si les mots diffèrent. Selon le Times of Israël, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett proche du WEF a dénoncé une manoeuvre électorale, rappelant que le chef du gouvernement avait lui-même verrouillé la conscription des ultra-orthodoxes pendant quatre ans et qu’il ne peut l’ouvrir aujourd’hui, le président du Shas Aryeh Deri s’y opposant. Gadi Eisenkot, du parti Yashar, accuse l’exécutif d’avoir fait voter une loi d’exemption qu’il qualifie de méprisable tout en empêchant une conscription réelle. Yair Golan, des Démocrates, parle d’une manoeuvre cynique. Avigdor Lieberman, d’Israël Beytenou, résume la situation autrement : sans les réfractaires à la Torah, plaide-t-il, Benyamin Netanyahou n’a plus de majorité. Le député Hili Tropper range lui aussi la sortie du Premier ministre dans la catégorie des manoeuvres de campagne plutôt que dans celle des annonces de politique publique.
Les partis ultra-orthodoxes, entre silence et rupture
Du côté des partenaires religieux de la coalition, les réactions se répartissent en deux blocs. Le parti Degel HaTorah a choisi le silence, une ligne que des responsables internes jugent, en coulisses, contre-productive. L’Union du judaïsme de la Torah a pris le chemin inverse : son président Yitzhak Goldknopf a publiquement critiqué le chef du gouvernement, estimant que le bureau du Premier ministre n’avait jamais eu l’intention réelle de régler le statut des étudiants de yeshiva. C’est cet argument que le parti a invoqué pour justifier sa sortie du gouvernement.
Entre une Cour suprême qui bloque, une armée qui manque de bras et des alliés religieux qui se déchirent, Benyamin Netanyahou a choisi de renvoyer le dossier de la loi sur la conscription en Israël après les urnes. Les étudiants de yeshiva, eux, continuent d’étudier la Torah en attendant de savoir ce que la Knesset décidera à leur place.