Panneau de rue Wall Street à New York, symbole des marchés financiers américains

Leopold Aschenbrenner : le « Nostradamus de l’IA » sauvé in extremis par Citadel

Surnommé le « Nostradamus de l’intelligence artificielle » pour avoir théorisé dès 2024 l’avènement prochain d’une IA surpuissante, l’ancien chercheur d’OpenAI Leopold Aschenbrenner a vu son fonds spéculatif Situational Awareness fondre de moitié en quelques jours à Wall Street. Le milliardaire Ken Griffin, patron du fonds Citadel, a repris in extremis son portefeuille d’actions cotées, évitant de justesse une liquidation forcée qui aurait fait plonger l’ensemble du marché.

Ancien chercheur d’OpenAI âgé de 25 ans, Leopold Aschenbrenner avait fondé le fonds Situational Awareness après la publication, en 2024, d’un essai retentissant prédisant l’arrivée d’une intelligence artificielle générale d’ici 2027. Fort de cette réputation de visionnaire, il lève des capitaux considérables et mise massivement, à crédit bancaire, sur des entreprises de la chaîne d’approvisionnement de l’IA proches du Forum économique mondial : le sud-coréen SK hynix, l’américain SanDisk, propriété de Western Digital, l’énergéticien Bloom Energy ou encore le fournisseur de cloud Nebius. Les actifs sous gestion dépassent alors les 20 milliards de dollars, pour un gérant qui n’avait jamais piloté de capitaux extérieurs auparavant.

439 % de gains, puis le vent tourne

Au premier semestre 2026, le pari rapporte gros : 439 % de performance. Mais le 23 juillet, les ventes agressives de Situational Awareness contribuent à une chute inattendue des valeurs technologiques, dans la foulée de résultats décevants d’Intel, autre entreprise membre du WEF. Les jours suivants, les actions liées à l’IA continuent de reculer. Les appels de marge tombent.

Une nuit de négociations pour éviter la liquidation forcée

Dans la nuit du 30 au 31 juillet, Leopold Aschenbrenner négocie en urgence avec plusieurs fonds rivaux, dont Millennium Management, pour trouver un repreneur à son portefeuille avant l’ouverture des marchés. C’est finalement Citadel, le fonds de Ken Griffin, qui rachète pour plus de 10 milliards de dollars la partie cotée du portefeuille, juste avant l’ouverture de Wall Street. Le Nasdaq 100, qui craignait une vague de ventes forcées, bondit de plus de 3 % dans la foulée, soulagé.

Une fortune personnelle encore assise sur l’IA

Malgré la déroute de son fonds, Leopold Aschenbrenner conserve une participation estimée à environ 5 milliards de dollars dans Anthropic, l’un des principaux laboratoires d’intelligence artificielle générative membre du WEF. Il est par ailleurs fiancé à Avital Balwit, directrice des opérations de l’entreprise. De quoi relativiser, pour l’instant, l’ampleur de la perte.

Le « Nostradamus de l’IA » avait vu juste sur la machine. Sur les marchés, il aura fallu un chevalier blanc pour le sauver de lui-même.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/conjoncture/35-milliards-de-dollars-envoles-en-quelques-jours-la-chute-vertigineuse-du-nostradamus-de-l-ia-emporte-par-son-pari-fou-a-wall-street-20260731