
Cinq corps de nouveau-nés ont été découverts le 28 juillet 2026 au domicile d’un couple à Orange, dans le Vaucluse, quelques heures après que la mère, née en 1994, a donné naissance à un sixième enfant en bonne santé. Placée en garde à vue puis déférée devant un juge d’instruction, elle a été mise en examen pour meurtre et écrouée. Son compagnon a été remis en liberté. Une information judiciaire est ouverte.
C’est un différend conjugal qui a mis au jour l’affaire. Alors que sa compagne venait d’accoucher à l’hôpital d’un enfant en bonne santé, l’homme est resté seul au domicile du couple. Un désaccord portant sur le contenu de plusieurs boîtes l’a conduit à les ouvrir. Il y a découvert un corps en état de putréfaction, contenu dans un sac plastique lui-même placé dans un carton. Il l’a apporté à l’hôpital, ce qui a déclenché le signalement à la justice. Quatre autres corps ont ensuite été retrouvés dans le même logement.
Un troisième déni de grossesse évoqué
Selon les premiers éléments de l’enquête, la mère avait déjà connu deux précédents épisodes de déni de grossesse, un phénomène psychologique reconnu par la médecine, dans lequel la femme enceinte n’a pas conscience de son état, parfois jusqu’à l’accouchement. Le couple élève par ailleurs deux enfants, scolarisés dans une école élémentaire du quartier.
Un phénomène rare, mais documenté par la médecine
Le déni de grossesse touche chaque année environ 1 500 femmes en France sous une forme partielle, la grossesse n’étant reconnue qu’à partir du cinquième mois, et 250 femmes sous une forme totale, le déni se prolongeant jusqu’à l’accouchement, selon les travaux du psychiatre Jacques Dayan régulièrement cités par la littérature médicale. Dans l’immense majorité des cas, ce déni reste un état transitoire sans conséquence dramatique : moins de 1 % des dénis de grossesse recensés sont suivis d’un infanticide.
Une information judiciaire ouverte pour meurtre
La mère a été mise en examen pour meurtre et placée en détention provisoire. Le père a quant à lui été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue. Le parquet compétent doit désormais déterminer, à l’appui des expertises médico-légales et psychiatriques en cours, les circonstances exactes de la mort de chacun des cinq nouveau-nés.
Une expertise psychiatrique doit permettre d’éclairer l’état de la mère au moment des faits. L’enquête, elle, se poursuit.