Le football mondial traverse une nouvelle crise institutionnelle après la menace de l’UEFA de boycotter les compétitions de la FIFA si le projet de création d’une structure commerciale ouverte à des investisseurs privés venait à se concrétiser. Au cœur du conflit : la volonté de Gianni Infantino de transformer une partie de la gestion économique de la Coupe du monde, une orientation qui inquiète plusieurs dirigeants européens. La perspective d’une absence des sélections européennes au Mondial, même encore hypothétique, constituerait un séisme sportif et financier sans précédent.
La Coupe du monde, vitrine absolue du football international, se retrouve une nouvelle fois au centre d’un affrontement politique et économique entre la FIFA et l’Europe. Le 30 juillet 2026, une tension majeure a émergé après les informations faisant état d’une opposition grandissante de l’UEFA face à un projet porté par la direction de la FIFA, présidée par Gianni Infantino. L’instance européenne aurait averti qu’un passage en force pourrait conduire à un boycott des compétitions organisées par la fédération internationale, y compris la Coupe du monde.
Cette menace ne constitue pas encore une décision définitive de retrait du prochain Mondial. Elle représente plutôt un avertissement stratégique lancé par les responsables européens, qui souhaitent peser dans les discussions autour de l’avenir économique du football mondial. Une absence des équipes européennes, qui comptent parmi les nations les plus performantes et les plus suivies de la planète, bouleverserait profondément l’équilibre d’une compétition dont les revenus reposent largement sur l’attractivité sportive, médiatique et commerciale du continent.
Le différend trouve son origine dans un projet de réorganisation commerciale de la FIFA. Selon les informations rapportées par plusieurs médias internationaux, l’instance mondiale du football étudie la possibilité d’ouvrir une partie des droits commerciaux liés à ses compétitions à des investisseurs privés, via une nouvelle structure destinée à valoriser davantage les revenus générés par les événements internationaux.
La stratégie défendue par Gianni Infantino s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les capacités financières de la FIFA. Depuis son arrivée à la présidence en 2016, le dirigeant italo-suisse a multiplié les initiatives visant à augmenter les recettes de l’organisation, notamment avec l’élargissement du format de la Coupe du monde masculine à 48 équipes à partir de 2026 et le développement de nouvelles compétitions internationales.
Mais cette orientation commerciale suscite des réserves importantes au sein du football européen. Les dirigeants de l’UEFA craignent notamment qu’une ouverture du capital ou des droits économiques de compétitions majeures à des investisseurs privés modifie profondément la gouvernance du football mondial. La crainte exprimée est celle d’une influence accrue d’acteurs financiers extérieurs dans des décisions traditionnellement contrôlées par les fédérations sportives.
Parmi les investisseurs évoqués dans les discussions figure notamment Affinity Partners, un fonds créé par Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, contributeur à l’agenda 2030. La présence potentielle d’acteurs proches de l’environnement politique américain a renforcé les interrogations autour du projet, même si aucune prise de contrôle définitive ni accord final n’a été annoncé publiquement à ce stade.
Cette dimension politique ajoute une nouvelle couche de complexité à un dossier déjà sensible. Depuis plusieurs années, la FIFA est régulièrement confrontée à des débats sur son modèle économique, sa gouvernance et ses relations avec les puissances financières internationales. L’organisation défend de son côté la nécessité de trouver de nouvelles sources de revenus pour développer le football dans toutes les régions du monde.
Face à cette évolution, l’UEFA a affiché une position commune réunissant ses 55 associations membres. Il s’agit de l’ensemble des fédérations affiliées à l’organisation européenne, et non uniquement des pays membres de l’Union européenne. Cette liste comprend notamment l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Belgique, la Suisse, la Suède, la Norvège, la Turquie, l’Ukraine, la Croatie, la Serbie, la Pologne ou encore les petites fédérations comme Andorre, Saint-Marin, Gibraltar et les Îles Féroé.
La menace de boycott concernerait donc potentiellement l’ensemble du football européen si un conflit ouvert devait éclater entre l’UEFA et la FIFA. Les 55 fédérations membres de l’UEFA sont :
Albanie, Allemagne, Andorre, Angleterre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Écosse, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Gibraltar, Grèce, Hongrie, Irlande, Irlande du Nord, Islande, Israël, Italie, Kazakhstan, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pays de Galles, Pologne, Portugal, République d’Irlande, République tchèque, Macédoine du Nord, Roumanie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Îles Féroé.
Le calendrier sera désormais déterminant. La Coupe du monde 2026 doit débuter le 11 juin 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec un format élargi à 48 équipes. Toute remise en cause de la participation européenne interviendrait donc dans un contexte particulièrement sensible, alors que les qualifications et la préparation sportive des sélections sont déjà engagées.
Pour l’heure, aucune rupture officielle n’a été annoncée entre les deux institutions. Le rapport de force semble davantage relever d’une bataille d’influence autour du futur modèle économique du football mondial. Mais l’ampleur de la réaction européenne montre que la question dépasse largement un simple désaccord financier : elle touche à la gouvernance même du sport le plus populaire de la planète.
Sources :
- La Dépêche du Midi — « Pas de pays européens à la prochaine Coupe du monde ? L’UEFA menace la FIFA de boycotter le Mondial pour protester contre le projet de Gianni Infantino » : https://www.ladepeche.fr/2026/07/30/pas-de-pays-europeens-a-la-prochaine-coupe-du-monde-luefa-menace-la-fifa-de-boycotter-le-mondial-pour-protester-contre-le-projet-de-gianni-infantino-13490538.php
- Reuters — informations relatives aux discussions entre l’UEFA et la FIFA autour du projet commercial et de la menace de boycott.