Statue de Notre-Dame de Medjugorje, site de pelerinage vise par des actes de vandalisme

Vandalisme à Medjugorje : un Polonais interpellé

Un vandalisme à Medjugorje a visé, dans la nuit du 27 au 28 juillet, les statues de la Vierge sur la Colline des Apparitions et l’autel de plein air du sanctuaire bosnien. Bartłomiej Włodzimierz Krakowiak, un pèlerin polonais de 31 ans, a été arrêté après avoir aspergé de peinture noire les statues et incendié l’autel, quelques jours avant l’ouverture du Mladifest, le grand festival international de la jeunesse catholique.

De la peinture noire sur le visage de la Vierge, un autel calciné derrière l’église Saint-Jacques : c’est ce qu’ont découvert les pèlerins de Medjugorje au matin du 28 juillet. Selon le quotidien bosnien Dnevni avaz, les statues de la Mère de Dieu situées sur la Colline des Apparitions – Podbrdo – et près de la Croix Bleue ont été maculées de peinture durant la nuit. L’autel de plein air installé derrière l’église paroissiale Saint-Jacques, lui, a été incendié.

Sur l’une des statues profanées, l’auteur a inscrit une phrase : « Diabeł w spódnicy », “le diable en jupe”. Des graffitis et des banderoles hostiles au site de pèlerinage et aux voyants des apparitions mariales ont également été retrouvés sur les lieux vandalisés. Le tout en une seule nuit, à quelques centaines de mètres des hébergements de pèlerins.

Un pèlerin arrêté à quelques kilomètres du sanctuaire

L’homme a été interpellé dans le village de Cerno, près de Ljubuski, non loin de Medjugorje. Il y séjournait déjà, en tant que pèlerin, avant les faits. Selon Dnevni avaz, Bartłomiej Włodzimierz Krakowiak avait déjà évoqué le sanctuaire en 2017 : il y était venu, disait-il alors, après un diagnostic de dépression, en quête de réconfort dans la foi. Le journal rapporte qu’il souffrait de troubles psychologiques antérieurs. Neuf ans plus tard, c’est en incendiaire qu’il est revenu sur les lieux qu’il présentait autrefois comme un refuge. Les autorités bosniennes n’ont pas communiqué, à ce stade, sur les charges précises retenues contre lui.

Medjugorje, sanctuaire sous tension avant le Mladifest

Le village bosnien de Medjugorje, où des apparitions de la Vierge sont rapportées par des habitants depuis 1981, attire chaque année des pèlerins catholiques venus du monde entier, sans que l’Église n’ait officiellement authentifié les apparitions. En mai 2019, le pape François avait autorisé l’organisation de pèlerinages diocésains et paroissiaux vers Medjugorje, tout en maintenant la prudence du Vatican sur la nature surnaturelle des événements rapportés depuis plus de quarante ans.

Les actes de vandalisme surviennent en pleine haute saison, à quelques jours de la 37e édition du Mladifest, le Festival international de la jeunesse, qui doit s’ouvrir le 1er août. L’événement rassemble traditionnellement des milliers de jeunes catholiques venus de toute l’Europe, dont de nombreux Polonais, pays où la dévotion à Medjugorje reste particulièrement vivace.

La réaction de l’évêque de Mostar-Duvno

Medjugorje reste un cas à part dans le catholicisme contemporain : un lieu de dévotion massive, sans reconnaissance canonique définitive, où la moindre atteinte matérielle prend une résonance disproportionnée. L’évêque du diocèse de Mostar-Duvno, dont dépend Medjugorje, Petar Palić, a réagi aux profanations. Il a indiqué avoir accueilli la nouvelle « avec une profonde tristesse », soulignant que de tels actes blessaient le cœur des croyants. Le prélat n’a pas détaillé les suites judiciaires envisagées pour l’auteur des faits, ni annoncé de mesure de sécurité supplémentaire avant l’ouverture du Mladifest.

Le Mladifest doit réunir dès le 1er août des dizaines de milliers de jeunes catholiques sur les mêmes pierres qu’un pèlerin en quête de paix a couvertes de peinture noire. Bartłomiej Włodzimierz Krakowiak, lui, est désormais entre les mains de la justice bosnienne.


Source : Do Rzeczy — https://dorzeczy.pl/religia/921379/polak-zostal-aresztowany-za-wandalizm-w-medziugorie.html