La Coupe du monde 2026 n’en finit pas de coûter cher à l’Argentine. Battue 1-0 après prolongation par l’Espagne en finale, l’Albiceleste doit désormais répondre devant la FIFA d’une banderole pro-Malouines brandie après sa demi-finale contre l’Angleterre (2-1), et d’une longue liste de manquements accumulés tout au long du tournoi. Quatre joueurs et un adjoint de Lionel Scaloni sont visés à titre individuel.
Une banderole, quatre mots, et voilà la Fédération argentine de football (AFA) de nouveau dans le viseur de la FIFA. Au terme de la demi-finale remportée 2-1 face à l’Angleterre lors de la Coupe du monde 2026, des joueurs argentins ont déployé un message on ne peut plus clair : « Les Malouines sont argentines ». Le texte réactive un contentieux vieux de plus de quarante ans, né de la guerre des Malouines qui a opposé l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982. La FIFA a rappelé ce mercredi que l’utilisation d’un événement sportif à des fins de manifestation de nature non sportive constitue une infraction potentielle à son code disciplinaire. Une procédure a donc été formellement ouverte contre l’AFA.
Une finale perdue, un dossier qui s’alourdit
L’épilogue sportif du tournoi n’a pas arrangé les affaires argentines. Selon les informations rapportées par la RTS et le site officiel de la FIFA, l’Espagne s’est imposée 1-0 après prolongation en finale, mettant fin au rêve d’un nouveau sacre mondial pour l’Albiceleste. Championne du monde en titre défaite, l’Argentine quitte donc la compétition avec une médaille d’argent d’un côté, et un dossier disciplinaire qui s’épaissit de l’autre.
Un précédent facturé 23 000 euros en 2014
L’AFA n’en est pas à son coup d’essai. En 2014 déjà, pour des faits similaires en marge d’un match amical contre la Slovénie, la fédération avait écopé d’une amende de 23 000 euros. Un match amical n’a pourtant pas la caisse de résonance d’une demi-finale de Mondial. Le retentissement n’a cette fois rien de comparable, et la sanction pourrait suivre la même courbe.
Une liste de griefs qui dépasse largement la banderole
La banderole n’est que la partie visible du dossier. Dans son communiqué, la FIFA énumère aussi une mauvaise conduite d’équipe, des faits de discrimination et d’injures racistes, ainsi qu’une atteinte à l’ordre et à la sécurité. L’instance dénonce des chants et gestes discriminatoires, des coups d’envoi tardifs, le non-respect des protocoles de match, l’affichage de messages inappropriés par l’équipe et les spectateurs, et des jets d’objets par les spectateurs lors de plusieurs rencontres du tournoi. Un inventaire qui ferait pâlir n’importe quel service disciplinaire. Les statuts de la FIFA interdisent depuis longtemps tout message à caractère politique, religieux ou personnel dans les enceintes sportives, une règle régulièrement rappelée lors des grandes compétitions.
Quatre noms inscrits au dossier individuel
La procédure ne vise pas que l’institution. Le milieu Leandro Paredes, le défenseur Nahuel Molina, l’attaquant Thiago Almada et l’entraîneur adjoint Roberto Ayala sont cités nommément, pour des faits d’agression et de comportement antisportif. Quatre noms, un adjoint de Lionel Scaloni compris : la sélection championne du monde en titre découvre que le banc de touche n’échappe pas non plus aux comptes à rendre.
L’instruction pourrait prendre plusieurs semaines avant la notification d’un verdict. En attendant, l’Argentine collectionne les trophées et les dossiers disciplinaires avec la même régularité.