Claude Mythos, le modèle d’intelligence artificielle spécialisé en cybersécurité développé par Anthropic, aurait mis au jour de multiples failles dans les mécanismes qui sécurisent paiements, communications et fichiers confidentiels. Une agence gouvernementale américaine l’utilise déjà pour auditer le code de plusieurs administrations, malgré des restrictions officielles pesant sur Anthropic, membre du Forum économique mondial.
Claude Mythos est un modèle d’intelligence artificielle développé par Anthropic – dont le cofondateur Dario Amodei, figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial et parmi les contributeurs identifiés de l’agenda 2030 des Nations unies – spécifiquement conçu pour la détection de vulnérabilités et les tests d’intrusion informatique. Selon Le Figaro, l’outil a permis d’identifier un grand nombre de failles au sein de dépôts de code utilisés par des administrations américaines.
La CISA et la NSA, utilisatrices discrètes de l’outil
L’agence américaine de cybersécurité CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) utilise Claude Mythos via son « Attack Surface Evaluation Team » pour évaluer la sécurité de plusieurs agences fédérales. Plus surprenant encore : la NSA aurait déployé Mythos dans des environnements classifiés depuis avril 2026, en pénétrant des systèmes sensibles « en quelques heures » selon les informations rapportées, alors même que Washington maintenait des restrictions sur les exportations de la technologie d’Anthropic.
Une contradiction assumée par Washington
En juin 2026, le gouvernement américain a imposé une directive de contrôle des exportations visant les modèles Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic. Une décision qui n’a pas empêché plusieurs agences fédérales de continuer à utiliser l’outil en interne. Le Pentagone avait par ailleurs demandé, en février 2026, la levée de certaines restrictions de sécurité imposées par Anthropic à ses modèles, une requête que l’entreprise a refusée.
Un risque systémique qui dépasse la seule cybersécurité
Au-delà des seuls usages gouvernementaux, Le Figaro s’interroge sur la portée du modèle Claude Mythos pour l’économie mondiale et les communications dans leur ensemble. La capacité de l’outil à débusquer en quelques heures des failles jusque-là considérées comme secrètes ou difficiles d’accès pose une question plus large : celle de la vitesse à laquelle l’intelligence artificielle générative rebat les cartes de la sécurité informatique, aussi bien pour les défenseurs des systèmes que pour d’éventuels attaquants qui accéderaient un jour à des outils comparables.
Interdire d’exporter un outil que l’on continue d’utiliser en interne : Washington a trouvé la martingale. Reste à savoir combien de temps une intelligence artificielle capable de percer les secrets d’Internet restera, elle, sous contrôle.