Selon L’Express, les services de renseignement français (DGSE) et britannique (MI6) apportent un soutien opérationnel discret aux opérations clandestines menées par l’Ukraine contre des cibles russes. Une coopération qui s’ajoute à l’entraînement de longue date assuré par la CIA depuis 2014.
L’Express révèle les coulisses des opérations clandestines ukrainiennes, à commencer par l’opération « Toile d’araignée » du 1er juin 2025 : plus d’une centaine de drones, dissimulés dans des conteneurs infiltrés en territoire russe, ont frappé simultanément quatre bases aériennes, détruisant selon les estimations une quarantaine d’appareils. « Les Ukrainiens sont premiers en Europe en matière d’actions clandestines », résume Ralph Goff, ancien responsable des opérations de la CIA pour l’Europe et l’Eurasie.
Un entraînement occidental qui remonte à 2014
La transformation du renseignement ukrainien, longtemps jugé perméable aux services russes, s’est jouée sur le temps long. La CIA forme des officiers ukrainiens depuis 2014, avec l’appui des forces spéciales polonaises et britanniques. Les pays baltes et les Pays-Bas ont, de leur côté, fourni un soutien technique. Selon un ancien haut responsable de la DGSE cité par L’Express, « les opérations sont réussies aussi parce qu’on les aide ».
La France entre discrétion et démenti officiel
Le service Action de la DGSE et des commandos marine seraient également mobilisés sur le terrain, aux côtés d’un appui en imagerie satellite fourni par la France. L’état-major français dément toutefois la présence du 13e régiment de dragons parachutistes en Ukraine, évoquant des missions classiques de protection d’ambassade pour expliquer la présence de militaires français à Kiev. Selon un responsable du renseignement français cité par L’Express, ce sont « le MI6 et la DGSE sur l’opérationnel ».
Un échange de savoir-faire à double sens
L’enquête de L’Express, signée Alexandra Saviana, souligne que la relation entre l’Ukraine et ses partenaires occidentaux ne se limite pas à un simple transfert d’expertise à sens unique. Les services européens, dont le MI6 dirigé par Richard Moore, tireraient eux-mêmes des enseignements précieux du savoir-faire ukrainien en matière de guerre par drones et de tactiques de sabotage, acquis dans le feu du conflit avec la Russie. Un partage d’expérience qui, selon plusieurs sources citées par l’hebdomadaire, redessine discrètement les doctrines des services de renseignement européens.
Officiellement, la France n’est pas en guerre contre la Russie. Officieusement, ses services rendent la guerre de l’Ukraine un peu plus efficace, drone après drone.