Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre 2026, atteignant 3,323 millions de personnes en France hors Mayotte. Publiés le 28 juillet 2026 par France Travail et la Dares, ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence, car ils restent marqués par les changements réglementaires intervenus depuis 2025. Derrière cette progression apparente, les données corrigées des effets liés aux nouvelles règles d’inscription montrent une évolution beaucoup plus stable du marché du travail.
La France compte davantage de demandeurs d’emploi sans activité au deuxième trimestre 2026. Selon les dernières statistiques publiées par France Travail et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), le nombre d’inscrits en catégorie A, c’est-à-dire les personnes tenues de rechercher un emploi et n’ayant exercé aucune activité durant la période observée, a augmenté de 0,8 % entre le premier et le deuxième trimestre 2026. Cette évolution représente 27 900 personnes supplémentaires et porte le nombre total de demandeurs d’emploi sans activité à environ 3,323 millions en France entière, hors Mayotte.
Cette publication, rendue publique le mardi 28 juillet 2026, intervient dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes sur la dynamique de l’emploi. Après plusieurs années de tensions sur certains recrutements, le marché du travail français affiche désormais des signaux plus contrastés : certaines entreprises continuent de rencontrer des difficultés pour embaucher, tandis que plusieurs secteurs connaissent un ralentissement des créations de postes.
La hausse enregistrée au deuxième trimestre ne raconte cependant pas toute l’histoire. Les statistiques des demandeurs d’emploi sont influencées depuis 2025 par une transformation importante du système d’accompagnement vers l’emploi. Avec la mise en œuvre progressive de la réforme liée à la loi pour le plein emploi, de nouveaux publics ont été automatiquement inscrits auprès de France Travail, notamment certains bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ainsi que des jeunes engagés dans des dispositifs d’accompagnement. Ces évolutions ont modifié le périmètre des personnes comptabilisées dans les statistiques.
Une hausse à relativiser
Les organismes statistiques invitent donc à analyser ces chiffres avec précaution. En neutralisant l’effet des changements réglementaires et des nouvelles inscriptions automatiques, la situation apparaît nettement moins dégradée. Selon les estimations associées à la publication, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A aurait même légèrement reculé de 0,2 % sur la période étudiée lorsque ces effets sont corrigés.
Cette différence entre la donnée brute et la donnée corrigée illustre une difficulté récurrente dans l’analyse du chômage : les indicateurs administratifs ne reflètent pas uniquement les mouvements économiques. Ils dépendent également des règles d’inscription, des procédures de suivi et des politiques publiques mises en place. Une évolution statistique peut donc traduire à la fois une réalité sociale, des personnes effectivement éloignées de l’emploi, et une modification de la manière dont ces publics sont recensés.
Au deuxième trimestre 2026, l’ensemble des catégories de demandeurs d’emploi suivies par France Travail évolue également à la hausse. En prenant en compte les catégories A, B et C, qui regroupent les personnes sans emploi ou exerçant une activité réduite, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi atteint 5,801 millions de personnes. Parmi elles, 2,478 millions exercent une activité réduite, tandis que 3,323 millions sont sans aucune activité.
Une évolution qui s’inscrit dans une période de transition
Depuis la disparition de Pôle emploi et la création de France Travail au 1er janvier 2024, les pouvoirs publics cherchent à renforcer l’accompagnement des personnes éloignées du marché du travail. Cette nouvelle organisation vise notamment à mieux coordonner les acteurs de l’emploi et à faciliter le retour vers une activité professionnelle. Mais elle entraîne aussi une évolution du nombre de personnes suivies et recensées dans les statistiques officielles.
Les chiffres du deuxième trimestre 2026 doivent donc être replacés dans cette période de transition. L’augmentation de 0,8 % du nombre de demandeurs d’emploi sans activité ne signifie pas mécaniquement une détérioration brutale du marché du travail. Elle traduit un ensemble de phénomènes mêlant conjoncture économique, nouvelles modalités d’accompagnement et changements dans la mesure statistique du chômage.
Pour les économistes et les observateurs du marché du travail, les prochaines publications seront déterminantes afin de confirmer ou non une tendance durable. Les chiffres du troisième trimestre 2026, attendus à l’automne, permettront notamment de mesurer si cette progression constitue un simple effet lié aux ajustements administratifs ou si elle accompagne une véritable évolution de l’emploi en France.
Dans l’immédiat, le constat est donc nuancé : la France compte officiellement davantage de demandeurs d’emploi sans activité, mais l’analyse détaillée des données montre une situation plus stable qu’il n’y paraît au premier regard.
Sources :
Statistiques trimestrielles France Travail – Demandeurs d’emploi inscrits au 2e trimestre 2026
Le Monde – « Demandeurs d’emploi : une hausse en trompe-l’œil à interpréter avec prudence »