L’Algérie a franchi une étape historique dans son histoire institutionnelle avec l’élection de Khalida Boufedeche à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement. Cette accession marque la première fois depuis l’indépendance du pays en 1962 qu’une femme prend la direction de cette institution, troisième plus haute fonction de l’État algérien. Médecin de formation et militante politique de longue date, la nouvelle présidente de l’APN incarne un tournant dans la représentation féminine au sommet des institutions.
L’Algérie ouvre une nouvelle page de son histoire politique. Le 28 juillet 2026, Khalida Boufedeche a été élue présidente de l’Assemblée populaire nationale (APN), devenant ainsi la première femme à occuper ce poste depuis la création de l’institution après l’indépendance du pays. Son arrivée à la tête de la chambre basse du Parlement constitue un événement inédit dans le paysage politique algérien, où les femmes ont progressivement gagné du terrain dans les sphères de décision sans jamais accéder auparavant à la présidence de l’APN.
Cette élection intervient dans un contexte institutionnel marqué par le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale. Les élections législatives algériennes se sont tenues le 2 juillet 2026 après la convocation officielle du corps électoral par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, à travers un décret présidentiel publié au printemps 2026. Les résultats définitifs du scrutin ont ensuite été proclamés par la Cour constitutionnelle le 18 juillet 2026.
Une trajectoire entre médecine, administration publique et engagement politique
Avant d’entrer pleinement dans la vie politique nationale, Khalida Boufedeche a construit un parcours professionnel dans le domaine médical. Docteure en médecine diplômée de l’Université d’Alger, elle possède une spécialisation en allergologie et immunologie clinique. Elle a notamment exercé au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Béni Messous, à Alger, avant d’occuper des responsabilités administratives dans le secteur de la santé. Depuis 2023, elle dirige le service des structures et des professions de santé au sein de la Direction de la santé et de la population de la wilaya d’Alger.
Parallèlement à sa carrière médicale, Khalida Boufedeche s’est engagée dans la vie politique au sein du Front de libération nationale (FLN), formation historique issue de la guerre d’indépendance algérienne et acteur majeur de la scène politique nationale depuis 1962. Selon les informations publiées après son élection, elle milite au sein du parti depuis plus de vingt ans et siège au Comité central du FLN. Elle a également été chargée de la condition féminine au niveau de la Mouhafadha de Dar El Beïda.
Son parcours électif s’est construit progressivement au niveau local avant d’atteindre les plus hautes responsabilités parlementaires. Elle a d’abord été membre de l’Assemblée populaire communale (APC) de Bordj El Bahri entre 2012 et 2017. Elle a ensuite intégré l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger pour le mandat 2021-2026, avant d’être élue députée à l’Assemblée populaire nationale en 2026.
L’accession de Khalida Boufedeche à la présidence de l’APN prend une dimension particulière dans un pays où la participation politique des femmes a connu plusieurs évolutions depuis l’indépendance. L’Algérie a été l’un des premiers pays du monde arabe à intégrer des femmes dans ses institutions publiques, notamment à travers l’engagement des Algériennes dans la guerre de libération nationale entre 1954 et 1962. Pourtant, malgré une présence féminine croissante dans les administrations, les collectivités locales et le Parlement, aucune femme n’avait jusqu’ici dirigé l’Assemblée populaire nationale.
La Constitution algérienne et les réformes électorales successives ont progressivement encouragé une meilleure représentation des femmes dans les assemblées élues. Cette évolution a notamment été visible lors des scrutins précédents, même si la place des femmes dans les postes exécutifs et les fonctions de direction demeure un enjeu majeur du débat institutionnel algérien.
Avec cette nomination, Khalida Boufedeche devient également le troisième personnage de l’État algérien dans l’ordre protocolaire, après le président de la République et le président du Conseil de la nation. Cette fonction lui confère un rôle central dans l’organisation des travaux parlementaires, l’examen des textes de loi et le fonctionnement démocratique de l’institution législative.
Une nouvelle étape pour l’institution parlementaire
La mission de Khalida Boufedeche s’inscrit dans une période où l’Assemblée populaire nationale est appelée à jouer un rôle important dans l’accompagnement des réformes nationales. Les autorités algériennes ont régulièrement insisté ces dernières années sur la nécessité de renforcer l’efficacité des institutions et d’améliorer la relation entre les représentants élus et les citoyens.
Au-delà du symbole lié à son genre, l’élection de Khalida Boufedeche met également en lumière un parcours singulier, celui d’une professionnelle de santé devenue responsable politique nationale. Son profil, à la croisée du monde médical, de l’administration publique et de la représentation parlementaire, illustre la diversification progressive des profils appelés à exercer de hautes fonctions dans l’État algérien.
Cette accession historique ne constitue pas seulement une première pour une femme algérienne à la tête de l’APN. Elle représente aussi un nouveau chapitre dans l’histoire institutionnelle du pays, plus de soixante ans après l’indépendance acquise en 1962.
Sources :
Algerie Patriotique – « Victoire au féminin »
CapDZ – « Dr Khalida Boufedeche – La présidente de l’Assemblée populaire nationale (APN) »
Union interparlementaire – Données historiques sur les femmes à l’Assemblée populaire nationale algérienne
Cour constitutionnelle algérienne – Résultats définitifs de l’élection des membres de l’APN du 2 juillet 2026