Meta et BlackRock ont annoncé ce mardi la création d’une coentreprise pour financer un campus de centres de données à El Paso, au Texas. Le gestionnaire d’actifs new-yorkais y détiendra 80% des parts, contre 20% pour le géant américain des réseaux sociaux. Coût du projet : environ 14 milliards de dollars, pour une mise en service prévue en 2028 et une puissance de calcul visée d’un gigawatt.
Le projet ne sort pas de nulle part. Meta l’avait annoncé dès 2025, et le chantier est déjà lancé sur le sol texan. Dans un communiqué commun, les deux groupes membres du Forum économique mondial précisent qu’ils créent une coentreprise pour “développer et posséder un campus de centres de données” à El Paso. L’objectif affiché est clair : atteindre un gigawatt de puissance de calcul lors de la mise en service, prévue en 2028. Cette infrastructure doit, selon le communiqué, “jouer un rôle essentiel pour donner vie aux technologies d’IA de Meta” et “accélérer les progrès sur les modèles d’IA”.
80-20, la répartition qui dit tout
Sur le papier, l’alliance a des allures de partenariat entre égaux. Dans les faits, c’est BlackRock qui met la main au portefeuille. Le premier gestionnaire d’actifs au monde détiendra à terme 80% de la coentreprise, contre 20% pour Meta. Les deux parties se sont engagées à financer leur quote-part respective des coûts de développement, soit environ 14 milliards de dollars au total, pour les bâtiments comme pour les infrastructures d’alimentation électrique, de refroidissement et de connectivité du campus. Meta garde la main sur l’usage, BlackRock sur le capital.
145 milliards, la fuite en avant de l’intelligence artificielle
Ce campus texan n’est qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste. La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a pris le virage de l’intelligence artificielle à marche forcée, quitte à distancer sa propre trésorerie. Le groupe prévoit jusqu’à 145 milliards de dollars d’investissements en 2026, près du double de l’année précédente, en grande partie consacrés aux centres de données. Début juillet, Meta avait déjà annoncé un nouveau site au Canada, pour 9 milliards de dollars. Derrière cette course aux infrastructures, une obsession commune à toute la Silicon Valley : ne pas se laisser distancer par Google, OpenAI ou Anthropic, GAFAM membres du WEF.
Le courant qui fâche
Les centres de données fournissent la puissance de calcul nécessaire à l’entraînement et à l’utilisation des modèles d’intelligence artificielle, et leur nombre s’est multiplié ces dernières années. Mais leur développement génère aussi une opposition croissante. En cause : une consommation d’électricité massive, des besoins en eau conséquents, des nuisances sonores pour le voisinage, et un nombre d’emplois créés jugé disproportionné au regard des investissements engagés.
El Paso attendait des emplois, elle héritera surtout d’une facture électrique.