Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre de demandes de protection internationale enregistrées en France est en baisse. Selon les données publiées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le 28 juillet 2026 à l’occasion de la présentation de son rapport d’activité 2025, les demandes d’asile ont diminué de 5,5 % par rapport à 2024. Si cette évolution marque un ralentissement, le niveau des demandes reste historiquement élevé dans un contexte international toujours marqué par de nombreux conflits et crises politiques.
Après plusieurs années de progression continue, la demande d’asile en France connaît un léger reflux. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a annoncé, mardi 28 juillet 2026, que 145 270 demandes de protection internationale avaient été enregistrées au cours de l’année 2025, soit une baisse de 5,5 % par rapport aux 153 715 demandes recensées en 2024, qui constituait un niveau historique.
Cette diminution intervient dans un contexte géopolitique pourtant toujours marqué par les conflits armés, les persécutions politiques, les violences communautaires et les crises humanitaires qui continuent de pousser des centaines de milliers de personnes à quitter leur pays. Pour autant, la France demeure l’un des principaux pays européens de destination des demandeurs d’asile.
L’Ofpra, établissement public chargé d’examiner les demandes de protection internationale en application notamment de la Convention de Genève de 1951, souligne que cette baisse ne traduit pas un effondrement de la demande mais plutôt un ralentissement après plusieurs années de forte hausse. Depuis la fin de la crise sanitaire liée au Covid-19, les chiffres avaient en effet connu une progression continue, culminant en 2024 avec un record historique dépassant les 153 000 dossiers enregistrés.
Une évolution contrastée selon les catégories de dossiers
Derrière cette baisse globale se cache une réalité plus nuancée. Les premières demandes d’asile ont fortement diminué, enregistrant un recul de 14,4 % sur un an. À l’inverse, les demandes de réexamen ont connu une progression spectaculaire de 43 %, représentant désormais près d’un quart de l’ensemble des dossiers traités par l’Ofpra, contre un peu plus de 15 % l’année précédente. Cette évolution traduit une modification de la structure des demandes. Les réexamens concernent des personnes dont une précédente demande a été rejetée mais qui estiment disposer d’éléments nouveaux justifiant un nouvel examen de leur situation.
Parallèlement, l’activité de l’Ofpra est restée particulièrement soutenue. L’établissement a rendu plus de 156 000 décisions en 2025, soit une hausse de plus de 10 % par rapport à 2024. Il s’agit du niveau décisionnel le plus élevé observé depuis la création de l’organisme. Cette accélération s’explique à la fois par le recrutement de nouveaux officiers de protection et par une amélioration des procédures internes.
Un taux de protection en progression
Autre enseignement du rapport : la proportion de demandeurs obtenant une protection internationale continue d’augmenter. En 2025, le taux de protection accordé par l’Ofpra atteint 41,2 %, soit une progression de plusieurs points par rapport à l’année précédente. Ce chiffre comprend l’octroi du statut de réfugié ainsi que celui de la protection subsidiaire, destinée aux personnes ne remplissant pas strictement les critères de la Convention de Genève mais risquant néanmoins de subir de graves atteintes en cas de retour dans leur pays d’origine.
Cette hausse traduit notamment une adaptation de la politique d’instruction aux évolutions des crises internationales, alors que plusieurs régions du monde demeurent confrontées à des conflits prolongés ou à une instabilité politique majeure. La baisse observée en France s’inscrit dans une tendance plus large constatée dans plusieurs pays européens. Selon les analyses relayées par plusieurs organismes spécialisés, les premières demandes d’asile enregistrées dans l’Union européenne ont également diminué au cours de l’année 2025, après les niveaux exceptionnellement élevés observés en 2023 et 2024.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution : le renforcement des contrôles migratoires aux frontières extérieures de l’Union européenne, la mise en œuvre progressive de nouvelles politiques européennes en matière d’asile, mais également une modification des routes migratoires empruntées par les exilés.
Pour autant, les besoins de protection demeurent importants. Les conflits en Ukraine, au Soudan, au Moyen-Orient ainsi que les situations de persécutions en Afghanistan ou dans plusieurs États africains continuent d’alimenter les mouvements de populations à l’échelle mondiale.
La France reste l’un des principaux pays d’accueil en Europe
Malgré cette diminution de 5,5 %, la France conserve une place centrale dans le paysage européen de l’asile. Elle figure toujours parmi les principaux pays enregistrant des demandes de protection internationale, aux côtés notamment de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie.
Le rapport publié par l’Ofpra à l’occasion de son 75ᵉ anniversaire rappelle également que les demandes enregistrées en 2025 demeurent très supérieures aux niveaux observés avant les grandes crises migratoires de la dernière décennie. La baisse enregistrée ne remet donc pas en cause la pression qui continue de s’exercer sur les services chargés de l’instruction des dossiers et sur le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. L’année 2025 apparaît ainsi davantage comme une phase de stabilisation après plusieurs exercices marqués par une hausse continue des demandes, plutôt qu’un véritable retournement de tendance.
Sources
- Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) : Rapport d’activité 2025 et publication des chiffres
- Ministère de l’Intérieur : Les demandes d’asile en 2025