Lancement d'une fusée transportant des satellites Amazon Leo depuis Cape Canaveral

Amazon Leo : 5 000 satellites pour déclarer la guerre à Starlink

Amazon, GAFAM membre du Forum économique mondial a déposé une demande auprès du régulateur américain des télécommunications pour lancer et exploiter une constellation de 5 105 satellites en orbite basse, dédiée à la téléphonie directe par satellite. Le service Amazon Leo veut offrir appels vocaux, messagerie, données et appels d’urgence dans les zones hors de portée des antennes-relais. L’entreprise ne compte aujourd’hui qu’environ 390 satellites en orbite, contre plus de 10 800 pour Starlink.

La demande déposée par Amazon auprès de la Federal Communications Commission (FCC) porte sur un service dit Direct-to-Device, ou D2D : la capacité pour un téléphone mobile ordinaire de se connecter directement à un satellite, sans passer par une antenne-relais terrestre. Le système est conçu pour fonctionner sur cinq plans orbitaux, à des altitudes comprises entre 510 et 580 kilomètres, et utilisera les bandes de fréquences L et S, adaptées aux communications mobiles par satellite.

Le chiffre donne la mesure de l’ambition : 5 105 satellites, quand la flotte actuelle d’Amazon Leo plafonne à un peu plus de 390 unités en orbite. Un projet qui multiplierait par treize la constellation existante.

Un rapport de force à un contre vingt-huit

La comparaison avec le concurrent direct est brutale. SpaceX exploite aujourd’hui plus de 10 800 satellites Starlink actifs, soit près de vingt-huit fois la flotte actuelle d’Amazon. Même après le déploiement complet des 5 105 satellites annoncés, Amazon Leo resterait numériquement distancé. L’enjeu n’est donc pas d’égaler Starlink en volume, mais de lui disputer un segment précis : la téléphonie directe, où le rapport de force n’est pas encore figé.

11,57 milliards de dollars pour Globalstar

Ce projet ne sort pas de nulle part. Amazon avait acquis l’opérateur satellitaire Globalstar pour 11,57 milliards de dollars, une opération qui prend tout son sens à la lumière de cette nouvelle demande : elle fournit à l’entreprise les fréquences et le savoir-faire nécessaires à un service de téléphonie par satellite. Un investissement préparé bien avant l’annonce publique du projet.

Sur le terrain commercial, Amazon prévoit des partenariats avec des opérateurs mobiles, dont Vodafone, membre du WEF. Le modèle n’est pas de vendre un abonnement satellite autonome au grand public, mais de fournir aux opérateurs traditionnels une couverture de secours là où leurs propres antennes ne portent pas.

Zéro brouillage promis, 2028 en ligne de mire

Amazon s’engage à ne pas interférer avec les fréquences des autres opérateurs, en maintenant selon l’entreprise « très peu de débordement dans les bandes voisines ». Un engagement classique dans ce type de dossier réglementaire, mais qui sera scruté de près : les bandes L et S sont partagées avec de nombreux autres usages, y compris militaires et aéronautiques.

Le déploiement pourrait débuter en 2028, sous réserve de l’approbation du régulateur américain. Un calendrier qui laisse à Amazon deux ans pour construire, tester et faire homologuer une constellation treize fois plus vaste que celle qu’il exploite aujourd’hui.

Entre 390 satellites en orbite et 5 105 satellites promis, il y a un dossier réglementaire à faire approuver et une industrie spatiale à faire tourner à plein régime. Starlink a mis sept ans pour atteindre sa flotte actuelle. Amazon Leo vise le même chemin en deux fois moins de temps.


Source : Next — next.ink