Après l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a estimé que l’artiste était fondée à saisir la justice. Tout en condamnant les violences, l’élu affirme que son mouvement n’est pas responsable de cette action menée par des militants propalestiniens et des « insoumis » locaux.
Le concert de la DJ Barbara Butch, interrompu samedi dernier à Grenoble par des militants propalestiniens et des membres locaux de La France insoumise (LFI), continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Vendredi 24 juillet, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de LFI, a déclaré que l’artiste avait « raison » de porter plainte à la suite de ces événements.
Invité sur TF1, l’élu a affirmé soutenir toutes les personnes victimes de propos racistes ou discriminatoires dans leur démarche judiciaire. Cette prise de position intervient alors que Barbara Butch, par l’intermédiaire de son avocate, a annoncé le dépôt d’une plainte visant La France insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, mais aussi le média Omerta et l’essayiste Alain Soral.
Si Bally Bagayoko estime que la justice doit être saisie, il réfute toutefois toute responsabilité du mouvement politique dans les faits reprochés. Selon lui, l’interruption du concert relève d’une « action isolée » et ne reflète pas la position de La France insoumise. Il affirme que le parti n’approuve pas que les désaccords politiques se traduisent par des actes de violence.
L’élu a en revanche indiqué qu’il n’aurait pas organisé un concert de Barbara Butch avec les moyens de la ville de Saint-Denis, en raison des positions publiques prises par l’artiste concernant la guerre à Gaza. Tout en condamnant les jets de projectiles dénoncés par la DJ, il a défendu le droit d’exprimer une opposition politique, notamment par des huées, estimant que « le droit dira les choses ».
De son côté, l’eurodéputée LFI Manon Aubry s’est également exprimée sur cette affaire lors d’une intervention sur France 2. Elle a rappelé que la critique d’un artiste relevait de la liberté d’expression, tout en soulignant que celle-ci devait rester pacifique. Selon elle, La France insoumise critique les personnalités qu’elle considère comme soutenant le gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, indépendamment de leur religion.
Les faits remontent au samedi précédent, lorsque le concert de Barbara Butch, organisé à Grenoble, a été interrompu après une vingtaine de minutes. L’action faisait suite à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise de La France insoumise, auquel se sont joints des militants propalestiniens.
Les opposants reprochent à l’artiste d’avoir signé une tribune soutenant la proposition de loi portée par le député Sylvain Maillard et initialement défendue par le député Mathieu Lefèvre puis reprise sous le nom de proposition Yadan, visant à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme, avant son retrait en avril dernier. Ils critiquent également la tenue d’un concert donné par Barbara Butch à l’ambassade de France à Tel-Aviv en juin 2025.
L’affaire est désormais appelée à se poursuivre sur le terrain judiciaire, où les responsabilités des différents acteurs seront examinées.
Sources :
- Le Monde : https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/24/concert-interrompu-de-barbara-butch-pour-l-insoumis-bally-bagayoko-la-dj-a-raison-de-porter-plainte_6731470_823448.html
- Agence France-Presse (AFP), via Le Monde.