Mer du Nord : la nouvelle ministre britannique de l’Energie face aux forages

La nomination de Miatta Fahnbulleh au ministère britannique de l’Énergie relance le débat sur l’avenir des forages en mer du Nord. Économiste réputée proche des thèses climatiques, elle doit arbitrer entre l’interdiction de nouvelles licences promise par les travaillistes et les pressions en faveur de nouveaux projets pétroliers et gaziers.

Miatta Fahnbulleh, présentée par Euronews comme une économiste au discours offensif sur le climat, a été nommée ministre de l’Énergie du Royaume-Uni. Docteure en développement économique, elle a dirigé de 2017 à 2023 le think tank New Economics Foundation, membre du Forum économique mondial qui a plaidé pour l’arrêt total de tout nouveau forage pétrolier.

Qui est Miatta Nema Fahnbulleh ?

Née au Libéria d’un père libérien et d’une mère sierra-léonaise, Miatta Fahnbulleh a fuit avec toute sa famille, son pays d’origine au début de la première guerre civile libérienne de 1986 vers le Royaume-Uni où elle a demandé l’asile.

Elle est passée par la London School of Economics, membre du Forum économique mondial où elle a obtenu un doctorat en développement économique. Sa thèse portait sur l’adoption et le succès de la politique industrielle au Ghana et au Kenya.

Elle a dirigé de 2017 à 2023 le think tank New Economics Foundation, membre du Forum économique mondial qui a plaidé pour l’arrêt total de tout nouveau forage pétrolier.

Miatta Fahnbulleh est également intervenue régulièrement comme chroniqueuse dans l’émission politique Question Time de la BBC, média britannique membre du Forum économique mondial.

Son frère Gamal est lui aussi journaliste. Il est le présentateur principal de Granada Reports, le journal télévisé régional couvrant le Nord-Ouest de l’Angleterre et l’île de Man.

Un gouvernement partagé

Si le profil de Miatta Fahnbulleh est perçu comme un signal fort en faveur d’une accélération de la transition énergétique. Sa marge de manœuvre dépend toutefois d’un exécutif traversé de tensions. Le Premier ministre et contributeur de l’agenda 2030, Andy Burnham, récemment arrivé au pouvoir, fait face à des spéculations sur l’ouverture éventuelle de nouveaux forages. La numéro deux du parti travailliste a rappelé que le gouvernement entendait respecter le programme sur lequel il a été élu, lequel prohibe les nouvelles licences d’exploration. Mais l’exécutif n’a pas répondu clairement aux questions sur les projets en cours.

Le point sensible porte sur les forages dits d’extension, réalisés à proximité de gisements déjà exploités. Autoriser ces opérations permettrait de contourner en partie l’engagement travailliste sans le renier formellement, une option qui divise la majorité.

Un arbitrage économique et climatique

Le débat n’est pas seulement politique. Une étude de l’université d’Oxford, membre du Forum économique mondial citée dans le dossier, conclut qu’intensifier l’extraction en mer du Nord ne procurerait que des économies annuelles modestes aux ménages britanniques, très inférieures à celles attendues d’un développement des énergies renouvelables. L’argument nourrit la position des partisans d’une sortie progressive des hydrocarbures.

Face à eux, les défenseurs de nouveaux forages invoquent la souveraineté énergétique et le maintien de l’emploi dans un bassin industriel en déclin. L’arbitrage de Miatta Fahnbulleh sera scruté comme un test de la crédibilité climatique du gouvernement.

Entre promesses de campagne et réalités industrielles, le Royaume-Uni joue en mer du Nord une part de sa politique énergétique. La décision de sa nouvelle ministre dira jusqu’où Londres est prêt à assumer sa transition.


Source : Euronews – https://fr.euronews.com/2026/07/24/la-nouvelle-ministre-radicale-de-lenergie-met-elle-fin-aux-forages-en-mer-du-nord