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Marie-Charlotte Garin. Photo : @Sikora62

14/10/2026/

Face à la progression des cancers et aux inquiétudes concernant l’exposition aux substances potentiellement nocives, la députée Marie-Charlotte Garin dépose une proposition de loi constitutionnelle visant à renforcer la protection de la santé humaine. Élaboré avec la Ligue contre le cancer, le texte entend étendre le principe de précaution au-delà des seuls risques environnementaux, afin de permettre aux pouvoirs publics d’agir avant qu’un danger sanitaire ne soit définitivement établi. La protection de la santé pourrait-elle devenir un principe constitutionnel guidant l’ensemble des politiques publiques ? C’est l’ambition portée par la députée Marie-Charlotte Garin, qui annonce le dépôt d’une proposition de loi constitutionnelle destinée à élargir le principe de précaution aux risques graves et irréversibles pour la santé humaine. Inspirée d’une initiative de la Ligue contre le cancer, cette proposition intervient dans un contexte de préoccupations croissantes autour de l’incidence des cancers en France et des conséquences sanitaires potentielles de certaines substances chimiques présentes dans l’environnement. L’objectif défendu par la parlementaire est de donner aux autorités publiques un fondement juridique plus explicite pour prévenir les risques sanitaires, y compris lorsque les connaissances scientifiques ne permettent pas encore d’établir avec certitude l’ampleur d’un danger. Une progression préoccupante des cancers en France Pour justifier cette initiative, Marie-Charlotte Garin s’appuie notamment sur plusieurs données épidémiologiques relatives au cancer du sein. Selon les estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) citées dans son communiqué, la France enregistre 103,4 cas de cancer du sein pour 100 000 femmes, ce qui la placerait au deuxième rang mondial en matière d’incidence. Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique The Lancet Oncology, dans le cadre du programme Global Burden of Disease, fait également état d’une augmentation de 42,5 % de l’incidence du cancer du sein en France entre 1990 et 2023, après correction des effets liés au vieillissement de la population. Sur la même période, cet indicateur aurait reculé dans plusieurs pays comparables, notamment au Danemark, au Royaume-Uni et aux États-Unis, tandis qu’il serait resté globalement stable dans les pays à haut revenu. La situation des femmes jeunes constitue un autre motif d’inquiétude. D’après une étude des registres français du cancer mentionnée dans le communiqué, l’incidence du cancer du sein chez les femmes âgées de 30 ans aurait progressé de 63 % entre 1990 et 2023. Ces évolutions soulèvent des interrogations sur les facteurs susceptibles de contribuer à la progression de la maladie. Parmi les pistes étudiées figurent notamment certaines expositions environnementales, comme la pollution atmosphérique ou les perturbateurs endocriniens. Si la recherche documente plusieurs associations entre ces expositions et les risques sanitaires, il demeure difficile d’attribuer une évolution globale de l’incidence des cancers à une substance particulière. Les facteurs de risque sont multiples et leurs interactions complexes. Pour la députée, cette incertitude scientifique ne devrait toutefois pas empêcher les pouvoirs publics de prendre des mesures de prévention lorsqu’un risque sérieux est identifié. Étendre le principe de précaution à la santé humaine La proposition de loi constitutionnelle entend modifier le cadre juridique actuel en renforçant la place de la santé dans la décision publique. Le principe de précaution figure déjà à l’article 5 de la Charte de l’environnement, intégrée au bloc de constitutionnalité français. Il prévoit que les autorités publiques doivent mettre en œuvre des procédures d’évaluation et adopter des mesures provisoires et proportionnées lorsqu’un dommage environnemental grave et irréversible est susceptible de survenir, même en l’absence de certitude scientifique. Marie-Charlotte Garin souhaite étendre explicitement ce mécanisme aux risques graves et irréversibles pour la santé humaine. Concrètement, la proposition prévoit qu’un risque sanitaire sérieux puisse justifier l’engagement d’évaluations et l’adoption de mesures préventives, sans attendre qu’un consensus scientifique définitif soit établi. Cette évolution viserait notamment les situations dans lesquelles les connaissances disponibles font apparaître un danger potentiel, mais où les preuves scientifiques restent insuffisantes pour en déterminer précisément toutes les conséquences. Le texte propose également l’introduction d’un article 1er bis consacrant la protection et la promotion de la santé humaine comme objectif fondamental de l’action publique....

Photo : compte X d'Anura Kumara Dissanayake

13/10/2026/

Dans une tribune publiée le 12 octobre 2026 dans le magazine américain TIME, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) proche du Forum économique mondial, et Anura Kumara Dissanayake, président du Sri Lanka, appellent les gouvernements à transformer profondément les systèmes de soins psychiatriques. Leur objectif : réduire le recours aux grandes institutions spécialisées au profit de services de santé mentale intégrés aux communautés locales. Le modèle traditionnel de prise en charge psychiatrique est directement remis en question par les deux dirigeants. Dans leur tribune publiée dans TIME, Tedros Adhanom Ghebreyesus et Anura Kumara Dissanayake dénoncent les conditions d’internement de nombreux patients psychiatriques et défendent une transformation des politiques publiques de santé mentale. Selon les données de l’Atlas de la santé mentale de l’OMS, environ la moitié des personnes accueillies dans les établissements psychiatriques concernés y auraient été placées contre leur volonté. Certaines restent hospitalisées pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies. Les auteurs considèrent que les pratiques institutionnelles reposant sur la contrainte, l’isolement et la privation d’autonomie peuvent constituer des violations des droits humains. Près de la moitié des financements consacrés aux institutions psychiatriques La tribune souligne également un déséquilibre dans la répartition des ressources publiques. À l’échelle mondiale, près de la moitié des dépenses gouvernementales consacrées à la santé mentale seraient affectées aux grands établissements psychiatriques spécialisés. Pour les deux dirigeants, cette concentration des financements limite le développement de services de proximité et l’accès aux soins pour des millions de personnes. Ils proposent de réorienter progressivement les ressources vers les hôpitaux généraux, les consultations locales, les dispositifs de réadaptation et les réseaux d’accompagnement communautaires. Le Sri Lanka présenté comme modèle de transformation Les auteurs mettent en avant les réformes entreprises au Sri Lanka au cours des deux dernières décennies. Le pays a progressivement développé un système décentralisé intégrant les soins psychiatriques aux structures hospitalières générales et aux services de santé locaux. La politique sri-lankaise de santé mentale adoptée en 2005 sous la gouvernance...

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